‹ Œuvres poétiquesChapitre 27 sur 168 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Embrases par dos mains le couchant et l'aorore ; Remplissez l'univers , sans sortir du Bosphore ; Que les Romains, presses de l'un à l'autre bout. Doutent où vous serez , et vous trouvent par-tout. Dès ce même moment ordonnez que je parte.

Ici tout vous retient; et moi, tout m'en écarte: Et , si ce grand dessein surpasse ma valeur, Du moins ce désespoir convient à mon malheur. Trop heureux d'avancer la fin de ma misère , J'irai... J'effacerai le crime de ma mère.

Seigneur, vous m'en voyez rougir à vos genoux ; * J'ai honte de me voir si peu digne de vous ; Tout mon sang doit laver une tache si noire.

Mais je cherche un trépas utile à votre gloire; Et Rome, unique objet d'un désespoir si beau, Du fils de Mithridate est le digne tombeau.

MITHRIDATE, SB levant.

Mon fils , ne parlons plus d'une mère infidèle. Votre père est content, il connoît votre céle. Et ne vous verra point affronter de danger Qu'avec vous son amour ne veuille partager :

Vous me suivrez; je veux que rien ne nous sépare. Et vous, à m'obéir, prince, qu'on se prépare; Les vaisseaux sont tout prêts : j'ai moi-même ordonné La suite et l'appareil qui vous est destiné.

Arbate , à cet hymen diargé de vous condmre , De votre obéissance aura soin de m'instru^re.

56 MITHRIDATE

Allez , et soutenant l'honneur de vos aïeux ,

Dans cet embrassement recevez mes adieux.

PHARNACB.

Seigneur...

MITHRIDATE

Ma volonté , prince, vous doit suffire.

Obéissez. C'est trop vous le faire redire.

PHARNAGE.

Seigneur, si, pour vous plaire, il ne faut que périr. Plus ardent qu'aucun autre on m'y verra courir: Combattant à vos yeux permettez que je meure.

MITHRIDATE

Je vous ai commandé de partir tout-à-l'heure. Mais après ce moment... Prince, vous m'entendez. Et vous êtes perdu si vous me répondez.

PHARNAGE.

Dussiez-vous présenter mille morts à ma vne , Je ne saurois chercher une fille inconnue.

Ma vie est en vos mains.

MITHRIDATE

Ah! c'est où je t'attends.

Tu ne saurois partir, perfide ! et je t'entends. Je sais pourquoi tu fuis l'hymen où je t'envoie : 11 te fâche en ces lieux d'abandonner ta proie ; Monime te retient ; ton amour criminel Prétenooit l'arracher à l'hymen paternel.

mi Tarder dont tu sais que je l'ai recherchée ,

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