‹ Œuvres poétiquesChapitre 88 sur 168 · ACHILLE, IPHIGÉNIE · texte numérisé non relu

ACHILLE, IPHIGÉNIE

ACHILLE

Madame , je me tais , et demeure immobile.

Est-ce à moi que l'on parle , et connoît-on Achille? Une mère pour vous croit devoir me prier !

Une reine à mes pieds se vient humilier !

Et , me déshonorant par d'injustes alarmes , Pour attendrir mon cœur on a recours aux larmes ! Qui doit prendre à vos jours plus d'intérêt que moi? Ah ! sans doute , on s'en peut reposer sur ma foi. L'outrage me regarde; et, quoi qu'on entreprenne, Je réponds d'une vie où j'attache la mienne.

Mais ma juste douleur va plus loin m'engager : C'est peu de vous défendre , et je cours vous venger, Et punir à-la-fois le cruel stratagème Qui s'ose de mon nom armer contre vous-même.

IPHIGÉNIE

Ah ! demeurez , seigneur, et daignez m'écouter.

ACHILLE

Quoi, madame ! un barbare osera m'insnlter !

Il voit que de sa sœur je cours venger l'outrage ; Il sait que , le premier lui donnant mon suffrage , Je le fis nommer chef de vingt rois ses rivaux ;

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