‹ Œuvres poétiquesChapitre 13 sur 28 · EN L'HYVER DE · texte numérisé non relu

EN L'HYVER DE

E ne m'excuse point de ce que ie l'adore En ma vieille saison^

Les anges font de mesme , et ie suis ieune encore A leur comparaison.

(i) Il m'a été impossible de retrouver les couplets qui accompagnaient celui-ci. Il est cité à la suite d'un des factums relatifs au procès de Des-Yveteaux.

RESPONSE A VM COVRTISAN DISGRACIÉ (Ij,

C'est bien laict de ne s'eslonner Pour oûyr lupiter tonner; Mais estre cause de l'orage Qu'il verse sur nous iustement, Et puis l'accuser laschement, Est-ce leffect d'vn homme sage?

A tort le regret que tu sens Te faict des astres innocens Blasmer la seuere influence : Ce n"est liniustice du Sort Qui faict contre toy son effort :

Tu n'eus pas assez de prudence.

(1) Ces vers sont insérés avec cette indication : « Par le sieur Yueteaux , » dans le Cabinet satyrique (1666, à la sphère), t. I, \>. 344. lis sont précédés d'une pièce intitulée : Vers d'un Courtisan ilisjrarié, par le S'" de Yueteaux ; mais l'auteur, au commencement Je la quatrième strophe, s'adresse à Des -Yveteaux lui-même :

o Des -Yueteaux, ie parle ainsy » A mon coeur remply de soucy >> Pour le résoudre en ma disgrâce. »

Il est donc évident que la Réponse seule est de Des-Yvuteaux. Les vers du Courtisan disgracié se trouvent d'ailleurs dans le Temple CApollon (Rouen ,. 161'1), avec cette indication : « Par le sieur de lieaumont. h

Sensible aux traicls de la tîoiileui-.

Tu nous dépeins en ton malheur Des Destins les rigueurs extrêmes ^ Mais, sans iniurier le Ciel, Tu ne deurais verser t(3n fiel Que pour te plaindre de toy-mesn!e.

Nos maux sont œuure de nos mains, Et non des Destins inhumains; Mais tousiours nos légères testes, Pour ne sçauoir nous mesnager, Nous précipitent au danger Quand moins nous craignons les tempesles.

Confesse donc la vérité :

Tu ne dois qu'à ta vanité La disgrâce de ton absence.

Nos esprits se perdent souuent Pour vouloir embrasser le vent, Qui n'a point de solide essence.

Nos proiects non iudicieux Ont des effects pernicieux , Les bastissans en nos colères j Pour les fleurs que nous nous peignons. Des espines nous estreignons Qui layssent des poinctes ameres.

Cerchant en la cause l'effect , Tu trouueras qu'à ton mesfaict Ta passion donna la vie.

Où estoient donc ces beaux discours Aux quels ta gloire donne cours?

Que faisoit ta philosophie?

C'est là , c'est là que tu deuois Desployer ce que tu sçauois Pour te garantir de l'orage, Mais suiuant les feux de Cypris, Tu vins abuser nos esprits Pour te ieter en ce naufrage.

Pour n'auoir d'vn fol attentat Conspiré contre cet estât, Tu fais esclater ta iustice ; Mais la gloire des premiers faicts Se flestrit par d'autres effects Où l'on connoît de la malice.

Les Princes ont diuers obiects Pour s'offenser de leurs suiects :

11 ne faut qu'vne ialousie Pour leur colère deslier; Nous les voyons tout oublier Quand ils en ont l'ame saisie.

Si nostre honneur est vn soleil, Le leur est tendre comme l'œil ; Limage d'vn dessein les blesse , Et s'opposer à leur ardeur, C'est les picquer sur la grandeur :

Les sages fuyent ceste presse.

le ne veux pourtant l'allligeri Plustot voudrois-ie soulager Le desplaisir qui te tourmente; Mais, quoy que l'on fasse pour toy, Il n'y a que l'astre du Roy Qui puisse appaiser la tourmente.

Ce Prince, ayant deuant les yeux Tous les seruices glorieux Qui recommandent ton Achille, Cet orage recalmera , Et sa clémence te luira , Qui rendra ton ame tranquille.

Il excusera ton erreur, Disant qu'vne ieune fureur Te fist monstrer tant de courage, Mais pour n'estre sans chastiment, Il t'auertira doucement Qu'vne autre fois tu sois plus sage.

Page 1