FRAGMENT DU ROLE DO CHARLATAN
Et non, non. Mais quel trembleur vous êtes!
Vous croyez donc à tant de fortes têtes!
Sachez de moi que ce tas de savaots
Ne font jamais la guerre qu'au bon sens.
Les vrais savants, qui sont en petit nombre,
Cherchent la paix, la solitude et l'ombre.
Leur cabinet, leurs livres, leurs amis
Font tous leurs soins. Ils fuiraient d'être admis
Dans la cohue, en sottise féconde.
Des importants qu'on nomme le beau monde.
Sur ses travers si jamais, par hasard.
Sans y penser, ils jettent un regard,
Il leur suffit d'en gémir ou d'en rire.
Ils parlent peu; car ils ont trop à dire
Ils ne vont point endoctriner sans fruit
Un monde vain qui n'entend que le bruit.
S'ils parlent même, aucun ne les écoule;
Car ils sont vrais, simples, amis du doute.
Or ces gens-là, pour l'avenir formés.
Sont peu compris, encore moins aimés.
N'ayant de foi qu'à la raison sévère.
Comme on les craint, on ne les aime guère.
Pour les comprendre, il faut comme eux savoir.
Comme eux penser, méditer, lire, voir.
Qui les connaît? Sans orgueil, sans jactance
Enveloppés d'un modeste silence,