‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 136 sur 232 · XV · texte numérisé non relu

XV

Souvent le malheureux songe à quitter la vie. L'espérance crédule à vivre le convie.

Le soldat sous la tente espère, avec la paix, Le repos, les chansons, les danses, les banquets. Gémissant sur le soc, le laboureur d'avance Voit ses guérels chargés d'une heureuse abondance. Moi, l'espérance amie est bien loin de mon cœur. Tout se couvre à mes yeux d'un voile de langueur; Des jours amers, des nuits plus amères encore. Chaque instant est trem[ié du fiel qui me dévore ; Et je trouve [»artout mon àme et mes douleurs, Le nom de Lycoris, et la honte et les pleurs. Ingrate Lycoris, à feindre accoutumée, Avez-vous pu trahir qui vous a tant aimée ? Avez-vous pu trouver un passe-temps si doux A déchirer un cœur qui n'adorait que vous?

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