‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 158 sur 232 · Édition · texte numérisé non relu

Édition

A sa mère immortelle eu a moins fait répandre.

Que dis-je ? sa vengeance ose en venir aux coups ;

Elle me frappe. Et moi, je feins, dans mon courroux.

De la frapper aussi, mais d'une main légère,

El je baise sa main impuissante et colère ;

Car ses bras ne sont forts qu'aux amoureux exploits.

La fureur ne peut même aigrir sa douce voix.

Ah ! je l'aime bien mieux injuste qu'indolente.

Sa colère me plait et décèle une amante.

Si j'ai peur de la perdre, elle tremble à son tour ;

Et la crainte inquiète est fille de l'amour.

L'assurance tranquille est d'un cœur insensible...

Loin ! à mes ennemis une amante paisible ;

Moi, je hais le repos. Quel que soit mon effroi

De voir de si beaux, yeux irrités contre moi,

Je me plais à nourrir de communes alarmes.

Je veux pleurer moi-même, ou voir couler ses larmes,

Accuser un outrage ou calmer un soupçon.

Et toujours pardonner ou demander pardon.

Mais queis éclats, amis ? C'est la voix de Julie : Entrons. 0 quelle nuit ! joie, ivresse, folie! Que de seins envahis et mollement pressés ! Malgré de vains efforts que d'appas caressés ! Que de charmes divins forcés dans leur retraite ! Il faut que de la Seine, au cri de notre fête, Le flot résonne au loin, de nos jeux égayé. Et qu'en son lit voisin le marchand éveillé, Écoutant nos plaisirs d'une oreille jalouse, Redouble ses baisers à sa trop jeune épouse.

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