‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 160 sur 232 · Édition · texte numérisé non relu

Édition

2. Pyrgotèle, graveur célèbre, qui vivait du temps d'Alexandre.

3. C'est, très-vraisemblablement, celte milady Cosway, dont il a été question (bucoliques, n» xlvi) .• d'Artio la filia, aurea lira eut die il Febo toscan, etc. V. p. 113.

Abandonnant les fleurs, de sonores abeilles Vinrent en bourdonnant sur ses lèvres vermeilles S'asseoir et déposer ce miel doux et flatteur Qui coule avec sa voix et pénètre le cœur. Reine aux yeux éclatants, la belle Poésie Lui sourit et trempa sa bouche d'ambroisie, Arma ses faibles mains des fertiles pinceaux. Qui vont vivre la toile en magiques tableaux, Et mit dans ses regards ce feu, cette âme pure Qui sait voir la beauté, fille de la nature. Une lyre aux sept voix lui faisait écouter Les sons que Pausilippe est fier de répéter. Et les douces Vertus et les Grâces décentes, Les bras entrelacés, autour d'elle dansantes, Veillaient sur sou sommeil, et surent la cacher A Vénus, à l'Amour, qui brûlaient d'approcher ; Et puis au lieu de lait, pour nourrir son enfance. Mêlèrent la candeur, la gaîté, l'indulgence, La bieuveillaace amie au sourire ingénu. Et le talent modeste à lui seul inconnu ; Et la sainte" fierté que nul revers n'opprime, La paix, la conscience ignorante du crime, La simplicité chaste aux regards caressants, Près de qui les pervers deviendraient innocents.

Artiste, pour l'honneur de ton durable ouvrage, Graves-y tous ces dons brillants sur son visage. Grave, si tu le peux, son âme et ses discours, Sa voix, lien puissant d'où dépendent nos jours, Les jours de ses amis, troupe heureuse et fidèle. Qui vivent tous pour elle, et qui mourraient pour elle.

De la seule beauté le flambeau passager Allume dans les sens un feu prompt et léger ; Mais les douces Vertus et les Grâces décentes N'inspirent aux cœurs purs que des flammes constantes

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