‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 17 sur 232 · Page · texte numérisé non relu

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2. Peut-être aussi le poèto n'eaiploie-t-il, en certain cas, celte expression de quadro que métaphoriquement et par allusion a soa petit cadre poétique.

xxxvi ANDRÉ CHÉNIEIl

Ailleurs, ce n'est plus le gracieux entant, c'est An^ dromède exposée au bord des flots, qui appelle la muse d'André : il cite et transcrit les admirables vers de Manilius à ce sujet, au V« livre des Astronomiques; ce supplice d'où la grâce et la pudeur n'ont pas disparu, ce charmant visage confus, allant chercher une blanche épaule qui le dérobe :

Supplicia ipsa décent; nivea cervice reclinis MoUiter ipsa suas ciistos est sola figurte. Defluxere sinus humeris, fugitque lacertos Vestis, et effusi scopulis lusere capilli. Te circum alcyones pennis plansere volantes, etc.

André remarque que c'est en racontant l'histoire d'Andromède à la troisième personne que le poète lui adresse brusquement ce vers : Te circum, etc., sans la nommer en aucune façon, œ C'est tout cela, ajoutel-il, qu'il faut imiter. Le traducteur met les alcyons volants autour de vous, infortunée princesse. Gela ôtc de la grâce, rt Je ne crois pas abuser du lecteur en l'initiant ainsi à la rhétorique secrète d'André'.

Nina, ou la Folle par amour, ce louchant drame de Marsollier, fut représenté, pour la première fois, en 1786; André Chénier put y assister; il dut être ému aux tendres sons de la romance de Dalayrac :

Quand le bien-aimé reviendra - Près de sa languissante amie, etc.

1. Il disait encore dans co même exquis sentiment de la diction poéliiiue : < La huitième Opigramme db Thi'ocritc est belle (Épitaplie de Clt'onice); elle finit ainsi : Maliicureux Cléonice, sous le propre coucher des Pléiades, cum Plciadibus, oecidisli. Il faut la traduire et rendre l'opposition do paroles... la mer l'a reçu avec elles (les Pléiades). •

PAU SAINTE-BEUVE xxxvii

Ceci n'est qu'une conjecture, mais que semble confirmer et justifier le canevas suivant, qui n'est autre que le sujet de Nina, transporté en Grèce, et où se retrouve jusqu'à l'écho des rimes de la romance :

«La jeune fille qu'on appelle la Belle de Scio... Son amant mourut... elle devint folle... Elle courait les montagnes (la peindre d'une manière antique). — (J'en pourrai, un jour, faire un tableau, un quadro}... et, longtemps après elle, on chantait cette chanson faite par elle dans sa folie :

Ne reviendra-t-il pas? II reviendra sans doute. Non, il est sous la tombe : il attend, il écoute. Va, Belle de Scio, meurs! il te tend les bras; Va trouver ton amant : il ne reviendra pas 1 »

Et, comme post-scriptum, il indique en anglais la chanson du quatrième acte d'Hamletque chante Ophélia dans sa folie : avide et pure abeille, il se réserve de pétrir tout cela ensemble * 1

Fidèle à l'antique, il ne l'était pas moins à la nature; si, en imitant les anciens, il a l'air souvent d'avoir senti avant eux, souvent, lorsqu'il n'a l'air que

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