‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 174 sur 232 · Édition 1819. Ici le titre est de la main do l'auteur · texte numérisé non relu

Édition 1819. Ici le titre est de la main do l'auteur

Relevé d'une chute, uae chute ni'altend; De Char^vbde à Scylla toujours vague et llollaiit, Et toujoiM'S loin du bord jouet de quelque orage, Je ne sais que périr de naufrage en naufrage.

Ah! je voudrais n'avoir jamais reçu le jour

Dans ces vaines cités que tourmente Famour,

Où les jeunes beautés, par une longue étude,

l'ont un art des serments et de l'ingratitude.

Heureux loin de ces lieux éclatants et trompeurs.

Eh! qu'il eût mieux valu naître un de ces pasieurs

Ignorés dans le sein de leurs Alpes fertiles,

Que nos yeux ont connus fortunés et tranquilles!

Oh! que ne suis-je enfant de ce lac enchanté

Où trois pâtres héros ont à la liberté

Rendu tous leurs neveux et l'Helvétie entière !

Faible, dormant encor sur le sein de ma mère,

Oh! que n'ai-je entendu ces bondissantes eau.x.

Ces fleuves, ces torrents, qui, de leurs froids berceaux,

Viennent du bel Hasly^ nourrir les doux ombrages!

Hasly! frais Elysée! honneur des pâturages !

Lieu qu'avec tant d'amour la nature a formé,

Où l'Aar roule un or pur eu son onde semé.

Là je verrais, assis dans ma grotte profonde,

La génisse traînant sa mamelle féconde.

Prodiguant à ses fils ce trésor indulgent,

A pas leûts agiter sa cloche au son d'argent,

Promener près des eaux sa tôte nonchalante.

Ou de son large flanc presser riierbe odorante.

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