‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 62 sur 232 · XXVIII 1 PASIPHAÉ · texte numérisé non relu

XXVIII 1 PASIPHAÉ

Tu gémis sur l'Ida, mourante, échevelée, 0 reine ! ô de Minos épouse désolée ! Heureuse si jamais, dans ses riches travaux, Cérès n'eût pour le joug élevé des troupeaux! Certe, aux antres d'Amnise, assez votre Lucine ^ Donnait de beaux neveux aux mères de Gortyne ; Certes, vous élevez, aux gymnases crétois. D'autres jeunes troupeaux plus dignes de ton choix ^. Tu voles épier sous quelle yeuse obscure, Tranquille, il ruminait son antique pâture; Quel lit de fleurs reçut ses membres nonchalants; Quelle onde a ranimé l'albâtre de ses flancs. 0 nymphes, entourez, fermez, nymphes de Crète, De ces vallons, fermez, entourez la retraite. Oh ! craignez que vers lui des vestiges épars Ne viennent à guider ses pas et ses regards. Insensée, à travers ronces, forêts, montagnes. Elle court. 0 fureur ! dans les vertes campagnes,

< . Édition 1819. Le titre a été mis par le premier éditeur.

2. Amnise, fleuve de Crète oii est l'antre de Lucine. Voy. Homère, Odyssée, liyre XIII, 188.— C'est liv. XIX, t. 188, collection Didot, — et Meursius, Crit. liv. I, ch. vi. (Note d'André Chénier.)

3. Les troupes de jeunes gens, en Crète, s'appelaient ayAvj, et le chef «7£)i^T-/3ç. Comme à Lacédémone povov.L et le chef ^o\)c/.-/op. — Voy. Meursius, Crit., liv. II, ch. 11, et Miscellan. Lacon., liv. II, ch. 3, et Vaiken, In Adon., p. 274. (Note d'André Chénier.)

U.iu belle génisse à son superbe amant Adi'essait devant elle un doux mugissement. La perfide mourra. Jupiter la demande.

Elle-même à son front attache la guirlande, L'entraîne, et sur l'autel prenant le fer vengeur : <i Sois belle maintenant, et plais à mon vainqueur. » Elle frappe. Et sa haine, à la flamme lustrale, Rit de voir palpiter le cœur de sa rivale.

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TIRK DE THOMSON

Ah ! prends un cœur humain, laboureur troj) avide, Lorsque d'un pas tremblant l'indigence timide De les larges moissons vient, le regard confus. Recueillir après toi les restes superflus. Souviens-toi que Cybèle est la mère commune. Laisse la probité, que trahit la fortune. Comme l'oiseau du ciel, se nourrir à tes pieds De quelques grains épars sur la terre oubliés.

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