‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 63 sur 232 · Éililion · texte numérisé non relu

Éililion

3. En elïfl, les six premier» vers qui suivent sont détaciiés d'une

BUCO-LIQUES 93

d'Euripide, qui uous reste traduit en latin par Ennius et par Phèdre.

Au sang de ses enfants, de vengeance égarée, Une mère plongea sa main dénaturée ; Et l'amour, l'amour seul avait conduit sa maio. Mère, tu fus impie, et l'amour inhumain. Mère ! amour ! qui des deux eut plus de barbarie ? L'amour fut inhumain; mère, tu fus impie. Plût aux dieux que la Thrace aux rameurs de Jason Eût fermé le Bosphore, orageuse prison ; Que, Minerve abjurant leur fatale entreprise Pélion n'eût jamais, au bord du bel Amphryse, Vu le chêne, le pin, ses plus antiques fils, Former, lancer aux flots, sous la main de Tiphys, Ce navire éloquent, fier conquérant du Phase, Qui vint ravir aux bois du nébuleux Caucase L'or du bélier divin, présent de Néphélé, Téméraire nageur qui fit périr Hellé '

Et Dodone agitant sous la noire tempête De ses chênes sacrés le feuillage prophète*.

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