‹ Œuvres poétiques; précédées d'une étude sur André ChénierChapitre 78 sur 232 · Ed. G. do CliciiiLT · texte numérisé non relu

Ed. G. do CliciiiLT

Si, sans voir dans tes yeux ni courroux ni dédain, Il dit : n C'est donc aux morts que tu vis enchaînée? Vierge, un deuil solitaire est donc ton hyménée ? Est-ce à toi de vieillir en des pleurs superflus ? Il ne reviendra pas ; sans doute il ne vit plus ! » Il vit, il vit encore. Il revient. Tremble ! Arrête. Grains que mon désespoir n'invoque sur ta tête Les dieux persécuteurs de qui manque à sa foi ! Cette main, ces serments, ces baisers sont à moi. Gardez-la-moi, Gémeaux, fils et rois de notre île ! Notre amour, sous vos yeux, croissait dans votre asile, Et Junon lUythie, et vous tous, dieux témoins, Qui du lit nuptial prenez d'augustes soins. N'oubliez point l'nbsent que les humains oublient ! Je la confie à vous. Que les nœuds qui nous lient. Les ordres maternels, ma voix, nos premiers ans, Vos foudres, le remords toujours, toujours présents, M'environnant son cœur d'une garde éternelle...

Si de quelque entretien l'insidieux détour

Voulait lui déguiser quelque amorce d'amour.

Tonnez, et qu'elle fuie. Au sein des nuits peureuses,

Faites entrer la foule aux ailes ténébreuses

Des songes messagers de terreur et d'effroi.

Pour me remplir ce lit qui n'est permis qu'à moi *.

Page 1