NOTICE XV
Elles sont réimprimées l'une et l'autre dans le recueil des poésies de l'auteur.
Marguerite de Fi-ance, duchesse de Berri, cette princesse savante et lettrée qui semblait avoir pris pour modèle sa tante, l'illustre Marguerite de Valois, reine de Navarre, était devenue la protectrice de Marc-Claude de Buttet. Elle attirait auprès d'elle, depuis son extrême jeunesse, les poètes et les orateurs les plus éminents, non seulement par ses libéralités, mais encore par l'estime particulière qu'elle leur accordait. Ronsard, Du Bellay, Jodelle, Dorât, Remy Belleau, Olivier de Magny, etc., célébraient à l'envi, dans leurs vers français, grecs et latins, les vertus, les grâces et le mérite de la déesse Pallas, ainsi qu'ils l'avaient surnommée. Le poète savoisien, qui n'était pourtant pas admis dans la Pléiade française, présenta aussi des poésies à Marguerite, et fut accueilli avec plus de faveur encore que ses illustres émules, avec lesquels il contracta, en quelque sorte, une fraternité d'armes littéraire, sous les auspices de la docte princesse, qui l'avait attaché spécialement à sa personne en qualité de mathématicien et de secrétaire. Voici le charmant rortrait que Marc-Claude de Buttet a tracé de sa bonne maîtresse :
Les neuf Muscs, ses sœurs, toutes à sa naissance,
Laissant letir mont Olympe, accoururent en France
L'allaiter au berceau, dansant à l'environ;
Et, se faisant plus grande, en son vierge giron,
Pallas ouvrit le livre, et par expérience
Lui fit en peu de temps cognoistre la science;
Puis, lui meit en la 7nain, d'un doux soing diligent,
L'apre dé ivoirin et l'éguille d'argent,
Le fil d'or et la ga\e et soie cramoisie,
Dont elle feroit honte aux nymphes de l'Asie^.