Q^UI VEUT TIRER SA BELLE DAME A SOI
A FILETS d'or il CONVIENT LA SURPRENDRE
74 l'amalthée
En tous ses jets la Nature admirable Mit en la femme une grâce et beauté Par qui soudein l'homme pris et tenté S'envint à elle et forgea son semblable;
Et pour tenir notre genre durable, Si son dur cueur s'obstinoit depiié.
Pour la r'avoir par douce volupté, Fut de besoin la créer variable.
Tu dcvois bien [si je puis hors blasphème Le dire ainsi) sans l'aide d'une femme Multiplier les humains sous les deux;
Mais tu la fis, aime Nature, naître, Affin qu'ainsi le bas homme terrestre.
Loin de malheur, ne fut égal aux Dieux.
Toasjours ne sera d'or ton poil qui s'entrelace, Ni de perles arec ton blanc ordre de dents. Ni deux beaux astres clairs tes yeux doux-regardans. Ni de rose et de lis le vif teint de ta face.
Beauté, comme une fleur, tantôt naît, tantôt passe; L'une peu d'heure dure, et l'autre binpcu d'ans, Et ne se renouvelle ainsi que les serpens, A qui nature plus, ce semble, a fet de grâce.
Donques, si tu m'en crois, hauîeine ne présume Par elle t'orgueillir, mais change de cotumc : Du grand assaut des ans qui se peut garentlr?
Toute chose se passe, et, pour en faire preuve. Ton crystal aujourd'hui ainsi qu'hier ne te treuve: La folle erreur nous tire à un vain repantir.