A LOUIS MILLIET
Savoisien ODE XXIII
JE ten les bras en haut, j'attemoigne les deux. Et jure le grand Siyx, peur de la parjure ombre. Que je mourroi plutôt ains qu'estre écrit au nombre Des malheureux ingrats, pour t'estre injurieux.
Car c'est toi qui, aimé des loix filles des dieux. Par ton grave parler me tiras de l'encombre
ODE xxiii 8s
Où j'allois trébucher, quand soudein tu fis sombre Tout le Sénat béant à tes dits merveilleus.
Mais, laschant les torrens de ta forte harangue, Toutefois, tu ne veux que je dore ta langue, Aimant mieux à mes vers tes doctes loix changer.
Milliet, tu as raison quitter l'or au vulgaire, Car l'or donner ne peut qu'une bien brieve gloire. Mais les vers de la mort seuls nous peuvent vanger.