‹ Œuvres poétiques (volume 2)Chapitre 66 sur 103 · II A R M O D I U S · texte numérisé non relu

II A R M O D I U S

Eh bien, n'attendons plus, s'il s'agit de la gloire!

AR1STOGITOX.

C'est peu que notre mort, cherchons une victoire. Il faut frapper au moins quelques coups assurés; Réunissons d'abord nos vaillants conjurés.

LE CHŒUR

Quel orgueil, jeunes gens, vousconseille et vous flatte : Qu'espérez-vous ?

Tuer les fils de Pisistrate.

LE CHŒUR

O vous, libres encor et purs de sang, ô vous Que nul passé n'enchaine à des œuvres sinistres, Laissez agir des cieux l'intelligent courroux ; Laissez la sombre Até choisir d'autres ministres.

Ces hommes, je le crains, sont voués aux poignards. De nombreux meurtriers naissent des tyrannies; Tout despote est suivi des noires Erinnyes, Qui l'assiègent dans l'ombre avec leurs yeux hagards,

Ses crimes sont punis toujours, et par des crimes : Il est frappé du fer et frappé justement; Mais ce meurtre, à son tour, appelle un châtiment... Rejetez le poignard, ô jeunes magnanimes!

Nous sommes sur la terre où l'olivier fleurit, Dans Athènes, clémente et douce entre les villes, Chère aux arts de la paix, chère aux Muses tranquilles, Où la force guerrière est soumise à l'esprit.

Pallas y triompha des vieilles Euménides. Les dieux se sent soumis à son haut tribunal. Chez nous, le repentir est un pouvoir fatal Qui soustrait les mortels à ces trois sœurs avides.

Laissez au peuple entier le souci de punir; Ne vous arrogez pas sa justice usurpée. Ce que fait le poignard est défait par l'épée. Ces lois que vous aimez, vous allez les bannir.

Les vengeances toujours s'enchaînent aux vengeances. Malheur au citoyen par qui sont ajoutés Quelques anneaux de plus à ces filets immenses, Obstacle inextricable à l'essor des cités!

En vain dans ce réseau tranche un coup de la Parque, Le noir tissu s'allonge et se renoue après...

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