‹ Œuvres poétiques (volume 2)Chapitre 67 sur 103 · HIPPARQUE, SIMONIDE · texte numérisé non relu

HIPPARQUE, SIMONIDE

HARMODIL'S, ARISTOGITON,

HIPPARQUE, entrant, à SinwniJe.

Va, rejoins Hippias; je veux, cher Simonide, A ces hymnes nouveaux que ta lyre préside. Hors des murs, par nos soins, le cortège est formé ; J'ai disposé les chœurs dans l'ordre accoutumé; Tout est prêt. Des vieillards la troupe auguste et lente Semble, sous ses rameaux, une forêt mouvante. Les guerriers ont vêtu leur plus maie appareil : Piques et boucliers reluisent au soleil. Des éphèbes joyeux, ornés d'une couronne, Déjà l'essaim léger s'amoncelle et bourdonne: Dans ce groupe sonore et prompt a tressaillir,

H ARMODIUS.

Prélude un clair murmure aux vois qui vont jaillir. Tel qu'un champ d'épis mûrs, mobile comme l'onde Se balance un long flot d'enfants à tête blonde. Ephèbes ou vieillards, tous purs, étincelants, Marchent nus ou drapés de souples tissus blancs. Puis nos vierges, des fleurs à tromper une abeille, De leurs bras arrondis soutenant leur corbeille, Graves, à pas rhytlimés, glissent avec douceur; Un parasol de pourpre, abritant leur blancheur, Est porté sur leur front — servitude légère, Par des vierges aussi, mais de race étrangère. Enfin, le groupe armé des danseurs, imitants Les combats de Pallas funestes aux Titans, Précède le navire où flotte et se déploie Le voile triomphal brodé d'or et de soie. L'industrieux tissu déroule en ses longs plis La gloire des travaux par la vierge accomplis. Balancé comme au gré des zépbyrs et des lames, Le terrestre vaisseau semble mû par des rames. Je ne sais si Dédale aurait pu, dans son art, Mieux que nos ouvriers étonner le regard; Mais sur la toile ainsi, jamais les jeunes filles N'ont fait de nos pinceaux triompher leurs aiguilles. Les femmes de l'Attique, en ce jour fortuné, Pour honorer Pallas ont su vaincre Arachné. Jamais pompe, chez nous, n'a lui plus éclatante. Déesse au casque d'or, tu dois être contente !

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