‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 103 sur 113 · A LA PATRIE · texte numérisé non relu

A LA PATRIE

Rien ! l'appétit seul règne et le poignard gouverne : Tous les rois subiront ses sauvages décrets.

Ni rois, ni dieux ! Là-bas, un espoir luit dans l'ombre ; Un soleil inconnu se lève à l'horizon : Saluez humblement le droit sacré du nombre. Il sera la justice, il sera la raison.

On a voté! La terre a reconnu son maître,

Un roi sans passions, sans erreurs, sans défaut!

Il fait, défait, refait boussole et baromètre :

Le blanc devient le noir, le vrai devient le faux.

De par la liberté supprimons la prière ! Vos enfants sont à nous, c'est écrit dans la loi : Sous peine d'ilotisme, un fils de bonne mère Djvra livrer son âme à des cuistres sans foi.

Paris va luire, enfin, dans votre nuit rurale, Paris veut que chacun apprenne, en chaque lieu, D'un maître patenté d'hygiène et de morale La culture du ventre et la haine de Dieu.

Vos temples font retour à la chose publique ; Nous les renverserons... Mais on peut y surseoir : Louons au plus offrant la vieille basilique, Eglise le matin et bastringue le soir.

Une religion!... Mais qui donc s'en soucie? On veut jouir sans frein, sermonneur importun. Dieu, c'est un mot gênant pour la démocratie; ■ Le maître nous l'a dit : « C'est l'ennemi commun. »

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