‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 104 sur 113 · IV · texte numérisé non relu

IV

Et je songe à demain !... Hier j'ai vu les otages, On en pourrait revoir, et de pleins tombereaux; C'est le terme fatal de ces lâches outrages : Après les insulteu^s nous aurons les bourreaux.

Chantez le sang' impur, ya.nlez quatre-vingt-treize ! La sottise, à pas lents, amène les horreurs. Vous êtes les plus forts, prenez-en à votre aise : Vous persécuterez... comme des empereurs.

Poursuivez, brisez tout, mettez-nous en poussière. Et du saint Évangile éteignez les flambeaux. Régnez, régnez longtemps... Sous votre main grossière La France et la raison s'en iront par lambeaux.

Mais non !... Je ne dois pas finir par l'anathème, Je fermerai mon cœur à ces haines d'un jour; J'ai fui leur vain tumulte et je rentre en moi-même : J'y retrouverai Dieu, la patrie et l'amour.

Quand j'épelais ton nom, ô France, et ton histoire, Je me sentais grandir, écolier triomphant. Depuis que mon cœur bat, j'ai vécu de la gloire : Le vieillard garde encor les ardeurs de l'enfant.

Ah! je t'ai bien aimée, et du fond des entrailles! Même à travers ces temps où je n'ai pas vécu.

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