‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 106 sur 113 · A MON AMI R. CHANTELAUZE · texte numérisé non relu

A MON AMI R. CHANTELAUZE

Ma muse a frcquenlé l'Hymette et le Calvaire; Mais si mon vers s'élève ému, simple et sévère, S'il atteint les hauteurs où Dieu se montre à nous, D'un vol paisible et siir et maître de lui-même, S'il va son droit chemin fidèle à ce qu'il aime, C'est qu'il est né de vous.

Je sais ce que je dois à l'exemple des maîtres, A l'honneur paternel, à ma mère, aux ancêtres : Ils m'ont donné mon cœur et ses élans chrétiens. Vous qui m'avez chanté vos grandes symphonies. Vous m'avez fait poète, ô montagnes bénie?, El je vous appartiens.

J'ai goûté, loin de vous, de plus âpres caresses. Les Alpes des glaciers, orageuses maîtresses. M'ont enivré souvent d'amour et de terreur, J'ai gravi seul, perdu, leurs cimes toujours blanches, Et d'un effroi sublime, au bruit des avalanches, J'ai savouré l'horreur.

Alpes! Malheur à moi, si jamais je renie Nos amours et les vers nés de votre génie !

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