A L'ANGE GARDIEN
Je veux, pour bien finir en reprenant courage, Accomplir un devoir dont j'aime la douceur. Et vous parler encor, sur ma dernière page, O vous qui m'exhortez et relevez mon cœur.
Votre esprit dans le mien verse encor sa lumière; La mort n'a pas brisé nos entretiens chéris: Vous me dictez toujours, grande âme de ma mère, Et la loi que j'observe et les vers que j'écris.
C'est vous, sans le savoir, humble femme ingénue, Qui m'avez fait poète habitant les sommets; Et vous m'a>e2 légué celte ardeur contenue Qui brûle au sein de l'ombre et ne s'éteint jamais.
Ma voix tombe et mon sang va se glacer peut-être ; Je suis prêt ici-bas à me taire, il le faut; Mais je sais que la mort nous appelle à renaître, Et l'hymne interrompu sera repris là-haut.