‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 109 sur 113 · IV. ^ô · texte numérisé non relu

IV. ^ô

Il me reste mon cœur à défaut de giinie, Mon cœur où vous lisez, où vous régnez toujours ; Du père et du chrétien l'œuvre n'est pas finie, Mère, et pour l'accomplir j'ai besoin de secours.

Voici l'heure d'agir et d'oublier ce livre, Pâle et stérile hommage au bien que j'ai rêvé; Donnons à Dieu tout seul ce qui me reste à vivre Et faisons de mon âme un poème achevé.

Vous savez ce qui manque à ce cœur misérable. Ah ! je vous cacherais, ici-bas, tous mes pleurs : Mais, là-haut, votre paix demeure inaltérable Et Dieu vous laisse voir au fond de mes douleurs.

Car la fin et la cause et le prix de nos luttes. Tout dans un seul regard apparaît aux élus : Vous savez la victoire aussitôt que les chutes, Vous voyez ma torture... et vous n'en souffrez plus.

Pauvre cœur maternel si tendre à toute chose, Qui répondais si vite à mes moindres pensées! Toi qui saignais aux plis d'une feuille de rose, Quand mon corps ou mon âme en étaient offensés!

Regarde et connais-moi dans toute ma misère. Suis-moi dans les détours de mon sentier fatal. Car tu dois mesurer là-haut, ma douce mère. Le prix à mes efforts, le remède à mon mal.

Laisse ma vieille chair à sa longue torture : C'est plus près de mon cœur que j'eus mon ennemi ;

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