CHANSON DES SYLPHES
Un sourire, un doux geste, ô faveurs printanières.
Un regard !
Rien n'efface du cœur ces extases premières.
Rien, plus tard.
L'été donne, à foison, rose et fraise vermeille,
Lis divins; L'automne a répandu son urne et sa corbeille,
Fruits et vins;
On remplit chaque jour les celliers et les verres.
Sans péril ; On vous regrette cncor, craintives primevères,
Fleurs d'avril!
Puis, quand la coupe est vide et la rose pâlie.
Le ciel noir.
On se rappelle encor, si le reste s'oublie,
Ce beau soir
Où l'on tenait sa main, oti l'on voyait sourire
Ses yeux bleus.
Où la timide enfant vous livra, sans rien dire,
Ses aveux.
Fais de ces bonheurs, purs de remords et d'alarmes,
Ton trésor :
C'est le joyau sacré qui, dans le temps des larmes.
Brille encor.
LA TOUR d'ivoire. (JJ