‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 63 sur 113 · UNE VOIX ET DES AILES · texte numérisé non relu

UNE VOIX ET DES AILES

Il est doux sur les buissons, Dans les fleurs, sous la feuillée, De tenir, à ses chansons, La nature réveillée;

De bercer au frais des soirs Les cœurs en bonne fortune; D'endormir au clair de lune Les amoureux désespoirs!

De fredonner sur les gammes Qui se chantent dans le ciel, Avec cette voix de miel Chère à l'oreille des femmes.

Il est doux, à petit vol.

Dans les jardins, porte close, De glisser de rose en rose...

Bienheureux le rossignol !

Mais je sais, sur notre terre, Je sais un oiseau des bois Qui vole et chante à la fois, Sans se lasser, ni se taire.

Sa voix tendre à la douleur.

Sa grande aile vagabonde Murmure de Heur en fleur Voltige de monde en monde.

Ce chantre au souple gosier Ce flotteur aux larges voiles, Fait son nid dans un rosier, Navigue vers les étoiles.

II rase un moment le sol.

Remonte au ciel d'un coup d'aile.

Mélodieux rossignol Aussi prompt que l'hirondelle.

Cet oiseau qui, librement, Malgré la force ou la ruse.

Chante et plane au firmament.

L'oiseau divin, c'est la Muse.

Mai 1S70,

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