‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 64 sur 113 · SÉRÉNITÉ · texte numérisé non relu

SÉRÉNITÉ

Jamais beau ciel d'avril plus riche de lumière, Par delà ses flots d'or n'a montré tant d'azur; Des horizons jamais plus sereine atmosphère N'a tracé le profil si lointain et si pur.

Respirons à loisir la brise calme et chaude Avec la fine odeur des feuillages légers; La plaine est un tapis de velours émeraude Et les pommiers en fleurs argentent nos vergers.

De la terre en travail pas un cri ne s'élance. Las du bruit, à l'étroit dans les noires cités, Je viens avec amour aspirer ce silence, Et remplir mon regard de ces immensités.

Je vais! à chaque pas d'un souci je m'allège ; Je monte, inconscient, du côté du soleil. Au pied des sommets noirs encor tachés de neige Les pêchers ont rougi sur le coteau vermeil.

J'exhale, en respirant, ma dernière amertume! La douce humeur de l'air pénètre mon cerveau!

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