‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 65 sur 113 · IV · texte numérisé non relu

IV

Dans le sol et dans moi la chaleur se rallume, Un monde y recommence avec le renouveau.

La nature et mon cœur entrent tous diux en sève; L'idée y va fleurir comme ces blcs épais. La germination de la graine et du rêve S'accomplit fortement à travers cette paix.

Je sens, au seul parfum du sentier où je passe, L'ardent travail des bois, des vignes, des buissons. Mille ferments de vie ont parcouru l'espace Et tout s'est fait sans bruit, hormis quelques chansoi

Et moi je m'associe à ces vertus tranquilles! Je n'ai plus ni terreur, ni doute impatient! J'ai dépouillé la haine en m'éloignant des villes. Et je souris d'amour au monde souriant.

Soulevé sans effort vers ces hauteurs que j'aime, Loin du perplexe ennui qui m'agitait là-bas. Je m'assieds dans l'azur au-dessus de moi-même Et j'assiste impassible à mes propres combats.

De toutes parts, à flots, l'infini me pénètre, Avec ces frais parfums, ces limpides couleurs! Toutes ces puretés s'infusent dans mon être, Je vis à l'unisson des astres et des fleurs.

Je vais, libre comme eux d'espérance et de crainte. Vers le but invisible emporté par l'amour ; J'embrasse l'éternel d'une si forte étreinte, Que je ne sens plus rien de mes chaînes d'un jour

lABOREMUS. 227

J'adhère à vous, splendeurs! en vous je me repose. Clartés, beautés, vertus ! je vous attire en moi. Et quand tu le voudrais, source de toute chose, Tu ne pourrais, grand Dieu, me séparer de toi

Avril 1S70.

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