LA STATUE DE JEANNE D'ARC
Jeanne! en vain le sculpteur a rêvé ta statue. Il faut que la concorde et l'amour de la loi,
LA STATUE DE JEANNE d'aRC, 24.7
Relevant, à ses yeux, notre France abattue, La lui montrent debout, chaste et pareille à toi.
Il faut que ta grande âme ait passé dans la foule, Traversant notre chair pour entrer dans l'airain. L'art ne peut trouver seul la matière et le moule Qui te feront revivre en ton éclat serein.
C'est à nous de pétrir un métal qui résiste, Nos cœurs, nos sens rétifs et notre volonté. Ton peuple est à ia fois le modèle et l'artiste Par qui tu renaîtras, s'il est ressuscité.
Doncàl'œuvre! Apportant lemeilleurde soi-même, Au sacré monument que chacun prenne part : Que la mère y travaille avec les fils qu'elle aime Que l'enfant s'y consacre à côté du vieillard.
Vous, d'abord, essayez !... Votre force est immense, Femmes ! Tout vient de vous, ou bassesse, ou grandeur. Surveillez dans vos flancs cette âme qui commence ; Faites de vos maisons un temple à la pudeur.
Ce fils que vous portez, c'est le salut peut-être! Avant qu'il soit nourri d'un orgueilleux savoir, Qu'il révèles honneurs, qu'il s'applique à paraître, Courbez-le, tout enfant, sous le joug du devoir.
Qu'il gagne sur son cœur sa première victoire. Dressé, dès le berceau, pour ce combat obscur, Qu'il place le devoir au-dessus de la gloire. Et que, pour rester fort, il se conserve pur.
Qu'il aspire l'amour de la France éternelle Avec l'air, la lumière et le lait bien-aimé ; Et que l'heur de souffrir et de mourir pour elle, Femmes, soit, de par vous, son rêve accoutumé.
Vierges, qui de la mère achèverez l'ouvrage, Qui régnerez un jour sur ces mâles esprits, C'est à vous d'éveiller, d'enflammer leur courage Pour d'illustres combats dont vous serez le prix.
Travaillez, de vos mains, à leur faire une armure Impénétrable à l'or, à tout vil suborneur. Ayant votre fierté pour suprême parure.
Pour suprême richesse exigez d'eux l'honneur.
Ne leur imposez pas d'oisive idolâtrie; Ne les admirez point filant à vos genoux; Sœurs de Jeanne, et, comme elle, anges de la patrie. Permettez-leur d'aimer la France plus que vous !
Nous tous, race incrédule à toute grande chose, Revenons au respect, revenons au saint lieu; Qu'en nous le citoyen ressuscite, et qu'il ose Proférer ces deux mots : « Ma patrie et mon Dieu ! »
Vous nos chefs, en ces jours d'orgueil et de colère, Terribles aux méchants partout multipliés. Chargez de fortes lois le tigre populaire. Marchez à lui sans crainte... il léchera vos pieds.
Mais que vos nobles mœurs bravent la calomnie; Dans vos cœu rs transparents que chacun puisse voir ;