SI DRA CH
Vous allez me forcer à devenir auteur...
Remplissons mes devoirs envers un débiteur.
Voyons !.., mais vous tiendrez la plumeau moins, cher maître.
Donnez-moi ce brouillon, il m'aidera peut-être.
ZAPAT A.
Mxiudit papier! laissez que je le jette au feu.
S I D R A c H , prenant le p.ipier.
Non, donncz-Ie... Écrivez et calmez-vous un peu.
11 dicte. Zapat.i écrit.
i( Citoyens! un héros que le Mexique adore, A des exploits nouveaux se préparait encore Par un coup généreux longuement médité, Don Pùdre allait chez nous fonder la liberté. Un brigand a surgi! dans sa lâche colère, Alvarez déchaîna le tigre populaire...
On combattit trois jours; le prince a triomphé! Nos droits sont à l'abri, le monstre est étouffé. Reposons-nous enfin, la terre est affranchie; Du cahne, et crions tous : Vive la monarchie! »
Z APATA.
Est-ce bien sérieux?
SIDRACH.
N'est-ce pas très ronflant?
Je vous en garantis l'effet mirobolant.
Faites vite afficher.
ZAPATA
Quel homme de ressource !
SIDRACH.
Voilà, mon cher, comment on se forme à la Bourse.
ZAPATA
Quoi ! dans le même jour, passer du noir au blanc !
A tous mes ennemis je prêterais le flanc ; Où me cacher après une telle aventure ?
SI DRACH.
Sous un bel uniforme au fond d'une voiture, Muni d'un grand cordon et d'un gros traitement.. Et tous vos ennemis vous trouveront charmant.
Z AP ATA
J'entends crier d'ici toute ma vieille bande.
SIDRACH.
Bah! vous leur donnerez leur part du dividende!
ZAPATA
Ou s'indignera trop, je ne veux pas signer.
SIDRACH.
Ce siècle a trop bon cœur pour jamais s'indigner. De plus huppés que vous ont fait pareille chose. C'est le même morceau, seulement je transpose : C'était pour baryton, je le mets pour ténor ! Sur cette gamme-là, mon cher, il vaut de l'or. Je m'y connais! Allons, citoyen magnanime, Prenez des actions dans le nouveau régime; J'en ai pris.
ZAPATA
Laissez-moi ! je serais un coquin !
Car, enfin, dans le fond, je suis républicain.