‹ Œuvres poétiques (volume 4)Chapitre 27 sur 138 · HYMNE A L'EPÉE · texte numérisé non relu

HYMNE A L'EPÉE

Fils des Francs ! aimons notre épée ; Son acier nous va mieux que l'or; Et Dieu, qui l'a si bien trempée.

Veut, par nous, s'en servir encor.

La paix, ici-bas, n'est qu'un rêve.

Un peuple en abdiquant le glaive Abdique et son nom et ses droits.

Malheur aux races amollies Reniant leurs saintes folies, Et brisant l'épée ou la croix!

Toi qui du glaive des ancêtres Trouves le fer lourd à ta main, Apprends à ramper sous des maîtres Tu seras esclave demain.

Dieu nous donne à chacun nos armes; La vierge a l'éclat de ses charmes, Ses yeux invitant au bonheur; Un respect entoure l'enfance, Elle a ses larmes pour défense...

L'homme a son ùpic et l'honneur.

L'acier porté par l'homme libre N'insulte pas à l'innocent; Sa vertu vient faire équilibre Entre le faible et le puissant.

Guerrier! moi, j'ai lu dans ton âme Brillante aux yeux comme ta lame; Dès longtemps j'ai su te chérir; Quand j'énge ici ta statue, Ce n'est pas à l'homme qui tue.

Mais à l'homme qui sait mourir.

Celui qui frappe avec le glaive Périt par le glaive à son tour; 11 le sait! la mort qui l'enlève L'a vu sourire avec amour.

Pour aller où l'attend le sage, Il choisit le plus court passage, Toujours prêt quand il faut partir; Baptisé dans le sang qu'il donne, Il reçoit, là-haut, sa couronne Des mains du Dieu qui fut martyr.

Oui, même aux jours vils où nous sommes, L'empire est au plus généreux; Et ceux-là seront rois des hommes

HYMNE A LEPEE.

Qui ceindront le glaive pour eux.

Car tu n'es pas, ô noble épée,

Tu n'es pas la force usurpée

Du bras qu'un hasard fait vainqueur;

C'est l'âme, après tout, qui te porte;

Tu n'obéis qu'à la plus forte,

Et tu vaux ce que vaut le cœur.

J'aime à voir jaillir l'étincelle Du casque et des glaives d'acier; La splendeur dont l'arme ruisselle Vient d'ailleurs que du fer grossier.

Dans l'éclair des lames guerrières J'ai puisé de saintes lumières.

J'ai lu patrie, honneur et foi; Et j'entends, au choc des armures, Parler, plus haut que mes murmures, Un Dieu qui se réveille en moi.

La nature en nos mains abdique. .

Tu le dis, orgueilleux savoir !

Mais le fer de l'âge héroïque Est le ressort de ton pouvoir.

Toi, poète, en ton vain délire, Sais-tu pourquoi l'or de ta lyre Conserve encore une vertu ?

C'est que tu naquis de l'épée, Et que tu vis sur l'épopée Où tes pères ont combattu.

En brisant leurs lances hautaines, Crois-tu, dans ta sainte ferveur,

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