A LA TERRE DE FRANCE
Exoriare aliquis nostris ex ossibus ultor ! (Enéide, liv. IV, v. 625.)
Nourrice des grands cœurs, vieille terre des Gaules, Où miàrit l'héroïsme, où fleurit la gaîté, Grands chênes, ceps riants, prés verts bordés de saules, Terre où l'on respirait avec tant de fierté...
O terre hospitalière et douce autant que belle! Cher pays que j'aimai de tant d'amours divers, France de nos aïeux, nature maternelle, D'où j'ai tiré ma sève et l'àme de mes vers;
Toi qui parlais si haut à mon humble pensée, Quand j'allais t'écouter dans le secret des bois, Tu gardes le silence, ô mère courroucée! Sous tes chênes muets je n'entends plus des voix.
Je ne sens plus dans l'air ton haleine vivante, Ton souffle inspirateur des pensers généreux; L'azur même, en ton ciel, me trouble et m'épouvante^ Et tes plus beaux soleils assombrissent mes yeux.