‹ Œuvres poétiquesChapitre 42 sur 124 · VOIX DES TOMBES · texte numérisé non relu

VOIX DES TOMBES

Tu cherches vainement, dans ces funèbres nuits. Ceux qui se partagaient le poids de tes ennuis

Et qui te donnaient leur courage.

O sont-ils ces grands cœurs, pour t'ouvrir leur trésor? Où sont-ils, pour sourire et pour pleurer encor

Tous ces amis du premier âge?

Ceux à qui tout penser peut se montrer à nu, A qui chaque recoin de notre âme est connu , Comme un logis l'est à ses hôtes,

Il8 tES SYMPHONIES.

A qui nous demandons leur sévère coup d'œil, Confessant devant eux, sans honte et sans orgueil. Les vertus ainsi que les fautes ;

Ceux qui, dans les travaux, les périls du chemin, Combattaient à la fois du cœur et de la main.

Mieux que toi prenant ta défense; Ceux qu'on interrogeait, comme un passé vivant, Sur ces vieux souvenirs racontés si souvent,

Ceux qui te rendaient ton enfance?

Ceux-là n'ont pu lever le marbre du cercueil. Pour donner le conseil avec le doux accueil ;

Leurs chères ombres sont absentes ; Rien, pour eux, n'interrompt la morsure des vers : Car on n'entend Jamais, des tombeaux entr'ouverts,

Sortir que des voix menaçantes.

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