‹ Œuvres poétiquesChapitre 69 sur 124 · AU PAYS DE FOR EZ · texte numérisé non relu

AU PAYS DE FOR EZ

Cher pays de Forez, je te dois une offrande ! Terre où, dans mon berceau, les chênes m'ont parlé, Ta sève et ton murmure en ma veine ont coulé ; Il faut qu'un cri d'amour, aujourd'hui, te les rende.

C'est toi qui, la première, au sentier du désert, Fis marcher, pas à pas, mon enfimce inquiète, Qui m'as nourri d'un miel dans les bois découvert, Et, dans l'eau du torrent, m'a baptisé poëte.

C'est ton doigt maternel qui dirigea mes yeux Sur l'alphabet sacré des couleurs ou des formes, Et, dans l'accent divers des sapins et des ormes, M'apprit à pénétrer des mots mystérieux.

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Par toi, dans l'ombre sainte, enfant des vieux Druides. J'ai connu des grands bois le sublime frisson ; Poursuivant l'infini des horizons fluides, Par toi, des hauts sommets je fus le nourrisson.

Mon aile s'est ouverte au vent que tu déchaînes ; Enivré de ton souffle, à l'odeur des prés verts. J'ai senti circuler, de mon sang à mes vers, L'esprit qui fait mugir les taureaux et les chênes.

Près d'une eau qui frémit sur son lit de gravier. Sous l'aune où le geai siffle, oia se rit la linotte, De Fhymne universel m'enscignant chaque note, Tu conduisis mes doigts sur ton vaste clavier.

Tu fus mon premier livre et mon premier solfège; Écolier, j'ai reçu mes plus sages leçons De ces voix qu'on écoute en longeant les buissons ; Tes soleils m'ont tiré de la nuit du collège.

J'appris des laboureurs et des batteurs de grain Ce rhythme indéfini qui dans l'ècho s'achève; Que de soirs j'ai trouvé, dans ce vague refrain, Enfant un doux sommeil, jeune homme un plus doux rêve I

Le foyer et le champ, les récits de Taïeul, Tout ce qui pour le cœur compose la patrie. Tous ces trésors que j'aime avec idolâtrie. Cher pays de Forez, je les tiens de toi seul.

Tous mes fruits ont germé sur tes douces collines ; Ma sève ne sort pas d'une immonde cité;

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