‹ Œuvres poétiquesChapitre 8 sur 124 · CHOEUR DES SIRENES · texte numérisé non relu

CHOEUR DES SIRENES

La douce voix de la Sirène Est plus douce à qui vient plus près.

Le vent dort, la mer est sereine ; Suis l'instinct charmant qui t'entraîne A jouir de nos dons secrets.

Cherche avec le Triton folâtre A dénouer nos cheveux d'or, A plonger sous l'onde bleuâtre Qui s'enlace à nos flancs d'albâtre:

Des beautés s'y voilent encor.

C'est nous, au pays de ses rêves, Qui portons le cœur ingénu , Au poëte errant sur nos grèves.

lES SYMPHONIES.

Nous faisons respirer, sans trêves, L'air enivrant de l'inconnu.

Quiconque à nos flots s'abandonne Verra des palais enchantés Oiî tout désir a sa couronne, Où, par nous, jour et nuit résonne Le plein accord des voluptés.

Si d'un regret ton cœur soupire, Nous guérissons du souvenir.

Là, dans l'air, l'oubli se respire, Et quiconque a vu notre empire A refusé d'en revenir.

Suis l'instinct charmant qui t'entraîne

A jouir de nos dons secrets :

Le vent dort, la mer est sereine ;

Venez écouter de plus près

La douce voix de la Sirène.

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