‹ Œuvres poétiquesChapitre 9 sur 124 · AUTOMNE · texte numérisé non relu

AUTOMNE

A D AH

C'en est fait des beaux jours ! le soleil incertain

S'est levé dans la brume.

De nos baisers d'hier, pleurant jusqu'au matin.

Je garde une amertume.

SYMPHONIE DES SAISONS. 2J

Nous marchions, au retour, sur les gazons flétris,

Sur la feuille jaunie, Quand J'ai vu s'allumer, dans ses yeux assombris,

L'éclair de l'ironie.

Et mon cœur se referme ! et j'oublie à jamais Nos printemps et mes songes.

Bonheurs qu'il m'a donnés, saisons où je l'aimais, N'étiez-vous que mensonges?

VENTS d'automne.

Tenez la porte close et gardez votre cœur !

Je sens un souffle aigu, j'écoute un bruit moqueur;

Voici les vents d'automne.

Les feuilles devant moi volent en tourbillons ; Un brouillard glacial étend sur les sillons

Sa blancheur monotone.

Adieu, tièdes zéphyrs aux murmures discrets! C'est la bise insolente; elle arrache aux forêts

Des cris de mille sortes.

JePentends qui nous raille en ses longs sifflements... Et j'ai fait, sous mes pieds, comme des ossements.

Craquer les branches mortes.

AD AH

je m'éveille au milieu du lointain univers

Où tu m'as entraînée.

Je cherche autour de moi, dans nos jardins déserts...

J'y suis abandonnée !

Que me font ces fruits d'or dérobés sur ta foi

Pour les goûter ensemble ?

Que me font ces beaux lieux où j'aspirais pour toi?

J'y suis seule et je tremble.

Pauvre cœur, à jamais exilé de l'amour.

Mon supplice commence.

Pourrai-je sans mourir traverser tout un jour

Ma solitude immense?

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