AU DIRECTEUR DE LA SICILIA CATTOLICA
trop vivement la célébration d'un anniversaire qui ne rappelle à tous qu'un sang injustement versé; ce n'est pas en évoquant de tels souvenirs qu'on forme les générations aux idées de justice, de douceur et de modération. La cause de la civilisation ne peut que perdre à ces réminiscences du passé, bonnes tout au plus à raviver des antipathies et des haines qu'on aurait dû croire éteintes depuis longtemps. Et quant à ce noble sentiment qu'on appelle l'amour de la patrie, pense-t-on que de tels moyens soient bien propres à le nourrir et à le fortifier? Les grandes pages de l'histoire d'un peuple sont les pages où se trouvent inscrites ses victoires, et non pas celles qui rappellent des massacres. Il semble qu'on l'ait trop oublié dans votre pays. Puissent du moins les catholiques de la Sicile s'ins-