D'APRÈS MACHIAVEL
A partir de 89, les principes s'emparent des événements, et on dirait que Machiavel dicte les paroles, même des hommes qui paraissent sur la scène de la révolution. Le peuple débute par la déclaration des droits de l'homme : le noble et le prêtre se croient plu» que des hommes on dépossède donc la noblesse et le clergé. Le c»*i : Guerre aux châteaux, paix aux chaumières, retentit dans toute la France; c'est la révolution qui colonise. Les hommes de Machiavel oublient plutôt la mort de leurs parents que la perte de leurs biens : donc les conspirations aristocratiques éclatent furieuses et Indomptables. Le roi se résignera-t-11 à ne plus être qu'un
1 Disc, sur Tito-Lire, 1. I, 26, J7, *o.
citoyen? Il est contre la nature humaine, dit Machiavel, qu'on s» résigne à tomber de si haut. Voilà le roi, la noblesse et le clergé qui risquent tout pour se défendre; ils appellent l'étranger : il marche sur Paris. Pour vaincre une pareille opposition, poursuit Machiavel, il n'y a que le fer. L'indignation de la France obéit à Machiavel : de là les journées de septembre. Danton regarde son crime enfaee, et il le commet. Pour rendre la France libre, s'écrie Marat, il faut abattre cinq cent mille têtes. — Chalier demande à poignarder vingt mille Lyonnais. — Lanssel veut que tout le monda soit bourreau. — Tous répètent que notre mémoire périsse et que la patrie soit sauvée ; c'est le mot de Machiavel, il faut que la patrie soit sauvée avec gloire ou avec infamie. Ouvrons Marat, « Il s'agit, dit-il, du salut du peuple ; devant cette loi suprême, « toutes les autres doivent se taire, et pour sauver la patrie tous les « moyens sont bons, tous les moyens sont justes, tous les moyens « sont méritoires ! . » Ouvrons Machiavel : a Quand il s'agit du « salut de la patrie, écrit-il, il n'y a ni justice ni injustice, ni pitié « ni cruauté, ni éloge ni honte; ce sont là des considérations qu'il « faut sacrifier 2. » Toute la révolution se développe à travers le grand dilemme de Machiavel ; à chaque phase c!est toujours l'alternative de la monarchie et de la république qui se présente; d'après Machiavel il faut être républicain ou tyran, point de milieu ; si l'on veut réussir, point de demi-mesure , il faut de la décision et de la hardiesse. Tous les hommes de la révolution ne cessent de répéter qu'il faut de l'énergie, du courage, de la foi. Il faut de l'audace y dit Danton, encore de l'audace, toujours de l'audace. Le roi ne sait être ni citoyen, ni tyran, et il tombe; la Gironde tergiverse, et elle glisse dans le sang ; Danton hésite à son tour, et sa tête tombe. La révolution seule marche droit et toujours, et la république triomphe. Le passage de la monarchie à la république, avait dit Machiavel, n'est que le passage de Yinégalité à l'égalité, de la corruption à la probité : c'est là l'idée qui domine tous les hommes de la révolution. « Nous n'avons d'autres ennemis, dit « Saint-Just, que les riches et les vicieux . Il faut faire une ville « nouvelle ; il faut faire comprendre que le gouvernement révolu- « tionnaire n'est que le passage du mal au bien, de la corruption à « la probité, des mauvaises maximes aux maximes honnêtes ; n'en
1 Ami du peuple, 2 8 février 1791.
' Disc, sur les Décades de Tite-Livo , 1. s, ch. *t.
« doutez pas, tout ce qui est autour de nous doit finir, parce que « tout ce qui existe autour de nous est injuste. » Quelle est la conclusion de l'homme qui demande l'égalité et la vertu au milieu des débris de la monarchie ? « Je conclus, dit Machiavel, que l'homme « qui veut faire une république là où il y a beaucoup de gentils- « hommes ne pourra réussir, si auparavant il ne tue tous les « gentilshommes. » De là l'organisation de la terreur. La forme gréco-romaine de Machiavel se manifeste avec la république. La France s'appelle la patrie, le toi antique reparait, le salut public de l'ancienne républiqne organise son comité. ;;;.....
Napoléon s'empara de la dictature qui avait échappé à Robespierre. Qu'est-ce que Napoléon? Qu'on interroge Machiavel. C'est la décision, c'est l'audace irrésistible ; c'est le général qui marche sur la patrie au moment où il vient de remporter ses victoires ; c'est le condottiere qui prévient, par la promptitude, le soupçon de la république, qui, d'après Machiavel, aurait dû être ingrate, d'après Sieyès aurait dû le faire fusiller. « Pour rendre le peuple « paisible et obéissant au bras royal (je copie Machiavel), il juge « nécessaire de lui donner un bon gouvernement... Il se fait aimer « et craindre par les populations, suivre et vénérer par les soldats j « il étouffe ceux qui peuvent l'offenser; il est sévère et reconnais- « sant, magnanime et libéral \ » — Quels sont ses conseillers? « Des hommes éclairés , dit Machiavel ; il leur donne le franc- « parler, mais seulement quand il les interroge ; il les interroge sur « l'état, mais il délibère toujours de son chef. Une fois la détermi- « nation prise, elle est irrévocable 2. » C'est là le prince nouveau, c'est là Napoléon; quels sont ses hommes? « Ce sont des hommes « qu'il élève, dit Machiavel , qu'il enrichit, et qu'il oblige en les « associant à son élévation ; ils relèvent si exclusivement de lui, « que, pour se maintenir, ils doivent toujours songer à lui et à jaa mais à leur propre intérêt3 . » Quel sera le rôle de Napoléon? Il est déterminé par la situation, et Machiavel consacre quatre chapitres à cette situation 4. Napoléon paraît au milieu d'un peuple habitué à la principauté et devenu tout à coup libre. « R;en « n'est plus difficile , dit Machiavel, que de défendre cette repu- « blique. Ses hommes sont entourés d'ennemis, c'est-à-dire
COj ch. 7.
2 Prince, chapitre 2 3.
3 Prince, chap. 17.
4 Disc, sur les Décadea de Titc-Live, 1. 1, ch. 16-18, 65.
« d'hommes corrompus et intéressés à l'ancienne monarchie. Ils « n'ont point d'amis, car ils ne récompensent que le mérite, et le « mérite récompensé n'est l'obligé de personne; ils ne donnent « que des franchises, et on ne peut être l'obligé de celui qui ne « nous offense pas. » Les hommes de la république manquent donc de partisans ; ils n'ont que des ennemis. Veulent-ils poursuivre l'œuvre de la liberté , ils doivent exterminer jusqu'au dernier les gentilshommes, et, dans ce but, il faut qu'ils s'emparent de la république par la force, qu'ils la gouvernent en princes, et des hommes qui débutent par le mal ne voudront pas aboutir au 'bien; ils deviendront des tyrans. « Il est difficile, il est impossible, « conclut Machiavel, que l'on maintienne la république improvisée, « et même pour la maintenir il faut la faire pencher vers la mo- « narchie ; de cette manière on contiendra l'insolence de ses enne- « mis par une autorité quasi-royale, tandis que si on la corrigeait « par d'autres moyens, ce serait là une entreprise très-cruelle et « impossible *. » Donc les hommes de la république n'ont pas de partisans^ Napoléon, par un coup d'État, sera un maître; l'intérêt même de la liberté nouvelle lui confère une autorité quasi-royale : la situation est nette, son rôle est tracé, Napoléon avancera en .ombattant à la fois l'ancienne monarchie et la nouvelle repu- Dlique. Voyons-le à l'œuvre. « Pour combattre l'ancien gouverne- « ment (je copie Machiavel), le meilleur moyen est de tout renouai vêler, de faire un gouvernement nouveau , avec de nouveaux « noms, une autorité nouvelle, des hommes nouveaux, en enri- « chissant les pauvres, en dépouillant les riches 2. » Voilà Napoléon qui dicte le Code, organise la liberté, réalise les projets de la convention. Comment pourra- t-il vaincre la république nouvelle? « Elle n'a que deux classes d'amis (je copie toujours Machiavel) : les « uns, en très-petit nombre, l'aiment pour commander; les autres, « et ils forment l'immense majorité, ne l'aiment que pour vivre « sûrs. Quant aux premiers, attendu leur nombre fort restreint, il « est facile de les contenter par des honneurs ou de les supprimer. » Voilà Sieyès contenté, Fouché absorbé, le tribunat supprimé, Moreau brisé (levato via). «Le plus grand nombre, poursuit Ma- « chiavel, n'aime la nouvelle liberté que pour vivre rassuré, et on « peut aisément le satisfaire par des institutions et des lois où le
1 Disc, sur les Décades de Tite-Live, 1. 1, cli. 18.
2 Disc, sur les Décades de Tite-Live, 1. I, ch. 26.
m prince rassurera en même temps sa puissance et la tranquillité « universelle. » Quel sera le modèle de ces institutions? Machiavel le cite dans la même page, c'est la monarchie française entourée de ses mille lois. Napoléon relève donc l'ancienne monarchie. Ainsi il combat le royalisme par les lois de la révolution ; il combat la révolution par la forme de la monarchie, et cette quasi-royauté, avec de nouveaux noms, de nouveaux hommes et une aristocratie nouvelle, s'appelle l'empire. Qu'arrivera-t-il au premier échec? Laissons parler Machiavel : « 11 a contre lui l'ancien ordre de choses; les hommes « intéressés au nouvel ordre le défendront avec tiédeur, car ils « croient peu aux choses nouvelles, et ils redoutent chez les ad- « versaires l'autorité de l'ancienne loi. Ses ennemis extérieurs « l'attaqueront donc par une guerre de partisans (parti gianamcnte); « il sera défendu sans zèle par ses amis, et ils courront le plus « grand danger avec lui 1. » Donc, avec le désastre de la Russie, les traités sont déchirés, les parentés royales ne retiennent personne, la coalition est universelle. En même temps la guerre de partisans éclate partout dans les provinces conquises ; c'est une guerre républicaine et monarchique , démocratique et royaliste
contre l'homme qui n'est ni républicain ni tyran . La
guerre, la sédition, sont avant tout monarchiques ; elles gagnent la France où le bonapartisme est faible, intimidé, à moitié rebelle. Il reste une armée nationale, la seule force qui soit consacrée par l'audace de Napoléon et par la théorie de Machiavel, et une fois cette armée écrasée à Waterloo, Napoléon disparait de la scène politique, comme la gironde, comme Danton, comme Robespierre. Quel est donc le maître absolu, le prince abstrait auquel on sacrifie de si grandes victimes? c'est la révolution : toutes les fois qu'un instrument est devenu odieux, elle le brise d'après le précepte de Machiavel, pour que les peuples resteiat stupéfiés et satisfaits (siupidl e soddisfatti).
1 Prince, cb. 6.
VIN Dli l/Àl'i'L^ICl.
Avertissement sur cette édition. f
Nicolas Machiavel. VII
LE PRINCE. — Avant-propos. 4
Nicolas Machiavel au magnifique Laurent. 8 Chapitre premier. — Comhien il y a de sortes de principautés, et par
quels moyens on peut les acquérir. 7
Chap. II. — Des principautés héréditaires. ■ Ib.
Chap. III. — Des principautés mixtes. . 9 Chap. IV. — Pourquoi les États de Darius, conquis par Alexandre, ne se révoltèrent point contre les successeurs du conquérant après sa
mort. 1 9 Chap. Y. — Comment on doit gouverner les États ou principautés qui,
avant la conquête, vivaient sous leurs propres lois. 2 2 Chap. VI. — Des principautés nouvelles acquises par les armes et par
l'habileté de l'acquéreur. 2 4 Chap. VII. — Des principautés nouvelles qu'on acquiert par les armes
d'autrui et par la fortune. 28 Chap. VIII. — De ceux qui sont devenus princes par des scélératesses. 37 Chap. IX. — De la principauté civile. 42 Chap. X. — Comment, dans toute espèce de principauté, on doit mesurer ses forces. 48 Chap. XI. — Des principautés ecclésiastiques. 48 Chap. XII. — Combien il y a de sortes de milices et de troupes mercenaires, s 2 Chap. XIII.— Des troupes auxiliaires, mixtes et propres. s 8 Chap. XIV. — Des fonctions qui appartiennent au prince, par rapport
à la milice. 63 Chap. XV. — Des choses pour lesquelles tous les hommes, et surtout
les princes, sont loués ou blâmés. G G
Chap. XVI. — De la libéralité et de l'avarice. 6 7 Chap. XVII. — De la cruauté et de la clémence, et s'il vaut mieux être
aimé que craint. 7 0
Cuàp. XVIII. — Comment les princes doivent tenir leur parole. 7 4
Chap , XIX. -*> Qu'il faut éviter d'être méprisé et haï. 7 7
CnAP. XX. — Si les forteresses, et plusieurs autres choses que font souvent les princes, leur sont utiles ou nuisibles. 89 Chàp. XXI. — Comment doit se conduire un prince pour acquérir de la
réputation, 9 4
Chap. XXII. — Des secrétaires dés princes. 9 9
Chap. XXIII. — Comment- on doit fuir les flatteurs. 1 00
Chap. XXIV. — Pourquoi les princes d;Italie ont perdu leurs États. 102
Ciiap. XXV. — Combien, dans les choses humaines, la fortune a de pouvoir, et comment on peut y résister. 1 0 4 CnAP. XXVI. — Exhortation à délivrer l'Italie des barbares. 10 8 DISCOURS SUR LES DÉCADES DE TITE-LIVE. — Avant-propos. 1 1 7 Nicolas Machiavel à Zanobi Buondclmonti et à Corne Ruccellai. 121 Livre premier. 123 Chapitre premier. — Quels ont été, en général, les commencements de
la plupart des villes, et en particulier ceux de Rome. 125
Chap. II. — Combien il y a de sortes de républiques, et de quelle espèce
fut la république romaine. * 13 0
CHAP. III. —Des événements qui amenèrent à Rome la création des tribuns,
dont l'institution perfectionna le gouvernement de la république. 13 7
Chap. IV. — La désunion entre le peuple et le sénat de Rome fut cause
de la grandeur et de la liberté de la république. 139
Chap. V. — A qui peut-on plus sûrement confier la garde de la liberté, aux grands ou au peuple? et quels sont ceux qui ont le plus de motifs d'exciter des troubles, ceux qui veulent acquérir ou ceux qui veulent conserver? 141
Chap. VI. — Si l'on pouvait établir dans Rome un gouvernement qui fit
cesser les inimitiés qui partageaient le peuple et le sénat. 144
Chap. VII. — Combien les accusations sont nécessaires dans une république pour maintenir la liberté. 180 Chap. VIII. — Autant les accusations sont utiles dans une république,
autant les calomnies sont dangereuses. 154
Chap. IX. — Il est nécessaire d'être seul quand on veut fonder. une nouvelle république, ou lorsqu'on veut rétablir celle qui s'est entièrement écartée de ses anciennes institutions. 158 Chap. X. — Autant les fondateurs d'une république ou d'un royaume sont dignes de louanges, autant sont blâmables ceux qui établissent la tyrannie. ici Chap. XI. — De la religion des Romains. 16G Chap*. XII. — Combien il importe de conserver l'influence de la religion, et comment l'Italie, pour y avoir manqué, grâce à l'Église romaine, s'est perdue elle-même. 17© CHAP. XIII. — Comment les Romains se servirent de la religion pour organiser le gouvernement de la république, poursuivre leurs entreprises et arrêter les désordres. 174
Pag.
Chàp. XIV. -— Les Romains interrogeaient les ivispices suivant la nécessité, et mettaient la plus grande prudence à paraître observer la religion , même quand ils étaient contraints de la violer, et punissaient ceux qui témoignaient témérairement du mépris pour elle. 176
Chàp. XV. — Comment les Samnites eurent recours à la religion comme à un dernier remède dans leurs maux. 179
Cuap. XVI. — Un peuple accoutumé a vivre sous un prince, et qui devient libre par accident, ne maintient qu'avec peine la liberté qu'il a conquise. .181
Chàp. XVII. — Un peuple corrompu qui recouvre sa liberté ne peut que très-difficilement se maintenir libre. 18 5
Chàp. XVIII. — De quelle manière on peut maintenir dans une cité corrompue le gouvernement libre, lorsqu'elle en jouit déjà, ou l'y établir lorsqu'il n'existe point. * 18 3
Chàp. XIX. — Un prince faible peut se maintenir après un prince ferme et sage ; mais un royaume ne peut subsister quand deux princes faibles succèdent l'un à l'autre. 132
Chàp. XX. -— Le'règne successif de deux princes vertueux présente les plus heureux résultats ; et comme les républiques bien organisées ont nécessairement une succession de citoyens vertueux, leurs succès et leurs conquêtes doivent avoir plus d'extension. 19 8
Chàp. XXI. — Combien sont dignes de blâme le prince ou la république qui n'ont point d'armée nationale. 193
Chàp. XXII. — Ce qu'il y a de remarquable dans le combat des Horaces et des Curiaces. 1S7
Chàp. XXIII. — On ne doit pas mettre en danger toute sa fortune sans déployer en même temps toutes ses forces *, et c'est pourquoi il est souvent dangereux de garder les passages. 199
Chàp. XXIV. — Les Etats bien .organisés établissent des peines et des . récompenses pour les citoyens , et ne font jamais des unes une compensation pour les autres. 201
Chàp. XXV. — Quiconque veut réformer l'ancienne constitution dans un pays libre doit y conserver.au moins l'ombre des antiques usages. 20 3
Chàp. XXVI. — Un prince établi récemment dans une ville, ou dans une contrée qu'il a conquise, doit y renouveler la face de toutes les institutions. 20 ^
Chàp. XXVII. — Les hommes savent être rarement ou entièrement bons 'ou entièrement mauvais. * 205
Chàp; XXVIII. — Pourquoi les Romains furent moins ingrats envers leurs concitoyens que les Athéniens. 207
Chàf. XXIX. — Quel est le plus ingrat d'un peuple ou d'un prince. 20 8
Chàp. XXX. — Moyens que doit employer un prince ou une république powF éviter le vice de l'ingratitude, et ceux dont doit user à sou tour tel capitaine ou tel citoyen pour n'en être pas victime. 21a
Nff
Chap. XXXI. - - Quelques erreurs qu'eussent commises les Romains, ils
ne furent jamais punis d'une manière extraordinaire; leur ignorance ou les mauvais partis qu'ils avaient pris ne leur attirèrent jamais aucun châtiment, même lorsque la république en avait éprouve des dommages. tl5
Chap. XXXII. — Une république ou un prince ne doit jamais différer trop longtemps à soulager le peuple dans ses besoins. 217
Chap. XXXIII. — Lorsque quelque grand danger s'est élevé, soit au dedans, soit au dehors, contre un État, il vaut mieux temporiser avec le mal que de le heurter de front. 2 18
Cuap. XXXIV. — L'autorité du dictateur fut toujours avantageuse et jamais nuisible à la république romaine ; et c'est le pouvoir qu'usurpent les citoyens, non celui qu'ils obtiennent par de libres suffrages, qui peut nuire à la vie civile. 22*
Chap. XXXV. — Pourquoi la création du décemvirat fut nuisible dans Rome à la liberté de la république , quoique cette magistrature eût été établie par les suffrages libres du peuple. 2*8
Chap. XXXVI. — Les citoyens qui ont obtenu les premières dignités de l'Etat ne doivent pas dédaigner les dernières. 227
Chap. XXXVII. — Des tumultes qu'excita dans Rome la loi agraire, et combien il est dangereux de faire, dans une république, des lois qui aient des effets rétroactifs et qui choquent d'antiques coutumes. 229
Chap. XXXVIII. — Les républiques faibles sont irrésolues et ne savent point prendre un parti-, ou si elles parviennent à en adopter un, c'est plutôt à la nécessité qu'à leur choix qu'il faut l'attribuer. 238
Chap. XXXIX. — On voit souvent arriver des événements semblables chez des peuples différents. 286
Chap. XL. — De la création du décemvirat à Rome; de ce que cette institution a de remarquable , et comment, entre une infinité d'autres considérations, le même événement peut sauver ou renverser un État. 2 39
Chap. XLI. — Passer subitement de la modestie à l'orgueil, de la clémence à la cruauté, sans intermédiaire, d—t une conduite imprudente et sans but. 245
Chap. XLII. — Combien les hommes peuvent aisément se corrompre. 2 48
Chap. XLIII. — Ceux qui combattent pour leur propre gloire sont de3 soldats braves et fidèles. 2 47
Chap. XLIV. — Une multitude sans chef n'est d'aucune utilité, et il ne faut pas d'abord menacer, et demander ensuite l'autorité. 2 48
Chap. XLV. — C'est donner un mauvais exemple que de ne pas observer une loi, surtout lorsqu'on en est l'auteur; et renouveler chaque jour les offenses envers le peuplcnc peut qu'offrir les plus grands dangers à celui qui gouverne. 2*8
Chap. XLVf . — Les hommes se jettent d'une ambition dans une autre;
Pag.
on cherche d'abord à se préserver des offenses, et ensuite à opprimer ses rivaux. 2 52
Chap. XLVII. — Les hommes, quoique sujets à se tromper sur les affaires générales, ne se trompent guère sur les affaires particulières. 2 5 k
Chap. XLVIII. — Pour empêcher qu'une magistrature ne soit donnée à un méchant ou à un homme incapable, il faut la faire briguer par un homme plus pervers et plus incapable encore, ou par l'homme le plus illustre et le plus vertueux. 2 5»
Chap. XLIX. — Si les villes libres dès leur naissance, telles que Rome, ont de la peine à établir des lois qui conservent leur liberté, cela est presque impossible pour celles qui sont nées dans la servitude. 2 59
Chap. L. — Un conseil ni un magistrat ne doivent pouvoir entraver les affaires d'un État. . 262
Chap. LI. — Une république ou un prince doivent paraître exécuter par grandeur d'âme ce qu'ils font par nécessité. 26*
Chap. LU. — Le moyen le plus sûr et le moins tumultueux de répri-
, mer l'ambition d'un citoyen qui devient tout-puissant dans un État, c'est de le devancer dans les voies mêmes qu'il a prises pour parvenir à la grandeur. 26 6
Chap. LUI — Souvent le peuple désire sa ruine, trompé par la fausse apparence 5 et rien n'est plus facile que de l'entraîner par de vastei espérances et des promesses éblouissantes. 26 7
CHAP. LIV. • — Quel est le pouvoir d'un grand homme pour retenir dans le devoir un peuple soulevé. 2 7 2
Chap. LV. — On gouverne sans peine un État dont le peuple n'est pas corrompu : là où l'égalité existe il ne peut se former une principauté, et là où elle ne se trouve point on ne peut établir de république. 276
Chap. LVI. — Les grands changements qui arrivent dans une cité ou • dans une province sont toujours précédés de signes qui les annoncent ou d'hommes qui les prédisent. 278
Chap. LVII. — Le peuple en masse est fort ; il est faible individuellement. 2 80
Chap. LVIII. — La multitude est plus sage et plus constante qu'un prince. 281
Chap. LIX. — Quelles sont les confédérations ou les ligues qui doivent inspirer le plus de confiance, ou celles faites avec une république, ou celles faites avec un prince. 28 8
Crup. LX. — Comment le consulat et foutes les autres magistrature» *e donnaient dans Rome, sans égard pour l'âge. ?30