RÊVERIE
(juand le paysan sème, et tpi'il creuse la terre, 11 ne voit que son grain, ses bœufs et son sillon. — La nature en silence accomplit le mystère, — (louché sur s:i cliai'rue, il al tend sa moisson.
(Juand sa fenniie, en rentrant le soir, à sa chaumière, Lui dit : « ,1e suis enceinte, » — il attend son enfant (juand il voit (juo la mort va saisir son vieux pèie, Il s'assoit sur le pied de la couche, et l'attend.
()ue savons-nous de plns'^... et la sagesse humaine, ()u'a-t-elle découvert de plus dans son domaine? Sur ce large univers elle a, dit-on, marché ; El voilà cinij mille au> qu'i-lle a toujours cherché I
RETOÏIK
llmiPiix l<^ voyai^eiir ((up sa villo c-hério
Voit Vf iitror dans le port, aux ]ir('inif'rs foiix du jr»ni
Oui salue à la lois le ricl et la pallie,
l.a vie et le bonheur, le soleil et l'amour !
— Regardez, compagnons, un navire s'avance.
La mer, qui l'emporta, le rapporte en cadence,
En écumant sous lui, comme un hardi coursier,
Qui, tout en se cabrant, sent son vieux cavalier.
Salut ! qui que tu sois, loi dont la blanche voile De ce large horizon accourt en palpitant ! Heureux, quand tu reviens, si ton errante étoile T'a fait aimer la rive ! heureux si l'on l'attend !
n où viens-tu, beau navire? à quel lointain rivage. Léviathan superbe, as-lu lavé les flancs ? Es-tu blessé, guerrier? Viens-ln d'un long voyage? C'est une chose à voir, quand tout un équipage, Monté jeune à la mer, revient en clieveiix blancs. Es-tu riche? viens-fu de l'Inde ou du .Mexiipie? Ta ipiille est-elle lourde, ou si les vents du noid T'ont pris, pour ta rançon, le poids de ton Irésor''' .\s-tu bravé la foudre et passé le tropique? T'es-tu, pendant deux ans, promené sur la mort., Couvant d'un neil hasard ta boussole trendilante,