I' HÉ VANNES
A quel propos?
LA COMTESSE
Je ne puis, non, je ne puis suivre le conseil que vous me donnez. Parler la première... oser dire... mais c'est lui avouer... songez donc!...
l'UÉVAINIS'ES.
Je ne songe point... Parlez, madame, osez, je suis là
13'2 (lOUVKKS l'OSTIIliiMES.
I,\ COMTIiSSI::.
Oiioi ! devant vous!
I'hévanm;s.
Kh ! oui, (levant moi. Voyez le grand mal '
LA COMTKSSK. •
Mais s'il hésite, s'il refuse?
PIÎÉVANNKS.
Kli l)ien ! madame, eh i)ien ! iju'eii peut-il arriver? Voyez-vous les Romains...
LA COMTESSE
Mais taisez-vous donc, je l'entends.
PlïÉVANINES.
Bon ! vous ne le connaissez pas. Il csl hicii homme à se présenter, comme cela, tout nalnicilejuent ! 11 va longtemps rêver dans rantichauihrc, Il va frémir dans la salle à manger, et il se demandera, en traversant le salon, s'il ne ferait pas mieux de s'aller noyer.
LA COMTESSE
Vous me laites rire malgré moi, comme Margueguerite tout à l'heure. Ah ! vous êtes bien faits l'un pour l'autre!... mais je vous répète que le courage me manque.
PUÉVANNES.
Et je vous répète qn'il vous aime. Si je n'en étais pas convaincu, vous donnerais-je ce conseil que vous n'osez pas suivre ! Vous le donnerais-jc pour tout autre (|ue Valhrun ? Vous dirais-je un mot? Dieu m'en garde ! s'il s'agissait d'un mannequin à la mode ou seulement d'un Imiiiuic ordi-
naire. .. mais il s'agit ici d'un entêté, et en même temps d'un irrésolu. Mais il vous aime... il serait bien bête 1 El vous l'aimez, vous êtes lianeés, vou> êtes sa j)romise, comme on dit dans le pays.
Mais je suis femme.
PRÉVA>NES.
Il est honnête honmie, je jureraie sur sa parole comme sur la mienne. Que craignez-vous'.' Allons, luadame, un peu de courage, un peu de bonté, un peu de pitié, car vous n'avez seulement qu'à sourire 1 . . .
LA COMTESSE
Vous croyez ■' Mais, si vous restez, vos plaisanteries vont lui faire peur.
PI!ÉVAN?sES.
l*oiiit du tout, je ne dirai rien, je vais regarde! VOS albums
Il s'assied près d une table.