I.K CAS KOMTI
J 'ai fait sûrement et honnêtement mon entrée dans la vie et dans le monde depuis un nombre d’années assez considérable, je pense, pour qu’il soit grand temps de vous donner sur moi-mëme quelques détails , — si souvent promis et toujours ajournés, — en aussi peu de mots que le permettra la nature du sujet et de l'écrivain. Hic vir , hic est, tibi quem pro mitti sœpius audis.
Je naquis réellement , — il n’y a pas de doute sur ce point, car si je n’étais pas né, je n’aurais jamais
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eu la prétention de le dire ; — mais d’abord, permettez (pie je vous parle de moi comme auteur, position que j’occupe en ce moment devant vous, — a laquelle je n’avais jamais prétendu — et n’avais jamais été destiné. — Je le suis devenu par hasard.
Le hasard a toujours été mon lot. Mon père ne me lit donner aucune éducation. Brave soldai, il méprisait la science. I)e quelle dose de courage il devait être doué ! Aussi j’appris a lire et à écrire par hasard. Je me faufilai un jour à l’école, et j’acquis un peu de littérature par hasard. Je n’avais jamais eu l’intention de me marier, et cependant j’ai eu la chance de trouver une femme. Je n’ai jamais eu de protecteur, mais la fortune s’est chargée de mon sort.
Le hasard , la chance et la fortune ont donc été mes Cloiho , Atropos et Lachésis, — et c’est pourquoi j’ai pris le surnom de Tria juncta in uno, — ce <pii est encore un nouveau hasard , car jusqu’ici je n’avais jamais songé à l'origine de ce pseudonyme.
Mais comment, je vous prie, êtes-vous devenu auteur par hasard ? — Je vous le dirai si vous voulez bien avoir un peu de patience.