‹ Œuvres posthumes complètes le Koran Sterne inéditChapitre 74 sur 173 · LE DERNIER JOUR · texte numérisé non relu

LE DERNIER JOUR

Les colonnes du firmament sont pourries, et les fondements de la terre bâtis sur du fumier.

Mii.toi.

La Nuit, Érèbe et Chaos ressaisirent alors leur empire. — Toute la nature fut bouleversée. — La panthère, le lion, le léopard, sortirent effrayés de leurs tanières, et, apprivoisés par la terreur, se réconcilièrent avec l'homme. — Le monde devint une arche, et les animaux ennemis, oubliant leurs querelles, recherchèrent l’appui mutuel de leur férocité. — Le loup hurleur se mit à bêler comme l’agneau. — Le faucon, le vautour et l'aigle n’eurent plus que des foies de pigeon et manquèrent de fiel. — Les oiseaux de rapine abandonnèrent leur proie et tremblèrent pour eux-mêmes. — Le requin, le dauphin et la baleine s’élancèrent de la mer bouillante pour se réfugier sur le rivage incandes-

cent. — Les éléments eux-mêmes se modifièrent dans ce cataclysme de la nature. — Les fleuves furent mis h sec, et les métaux liquides remplirent leurs lits brûlants. — Les nuées prirent feu et lancèrent leurs météores a travers l’espace étonné. — L’air s’enflamma et le souffle s’arrêta. — Le firmament se fondit et répandit son soufre sur le globe abattu . — La terre trembla jusque dans ses fondements. — La charité elle-même devint muette, — et c'est à peine si la vertu garda son intrépidité.

FINIS

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