CHAPITRE III
LOXf.lK
J’ai promis, je crois, dans mon premier chapitre, de vous donner mon autorité en littérature. I.a Voici :
J’avais un oncle, ministre de l’Évangile, qui faisait de la politique son étude principale. 11 avait la louable ambition de s’élever aux plus hautes dignités. La religion est. sans nul doute, une condition nécessaire pour atteindre ce but dans l’autre inonde. — mais elle ne suffit pas pour nous pousser dans celui-ci.
II prit donc soin d’apprendre par cœur les trenteneuf articles de foi (1), pour être à même de soutenir son examen, le jour de l’épreuve, — sans se préoccuper du bon vieux dicton : Vis et apprends, meurs et oublie. Il avait au contraire pour maximes . Ne marche pas quand ta es arrêté; — vis tant que ta existes, car, lorsque sonne l'heure de la mort , ù un tel jour suffit sa peine.
(t) De l’Église anïlicane. [Noie du Tratlur.lrur.)
D’accord avec son plan d'existence, il écrivit et publia plusieurs pamphlets, sous le rèijve de Sir Robert Walpole, en faveur de son ministère ; — mais Mammon le laissa là pour reverdir. — Ces écrits ne lui procurèrent aucun avancement. — Ils étaient pauvres de style. — Généralement les ecclésiastiques écrivent mal, même sur les sujets qui leur sont familiers.
Il eût pu s’occuper plus utilement en disant ses prières, — car, au service de Dieu , toute œuvre sincère est bien accueillie , malgré ses défauts d'exécution; mais ailleurs on n’accepte avec faveur que ce qui est bien exécuté, quelque mauvaise d’ailleurs qu’en soit Y intention. — Ce résultat mortifia notre saint homme.
Sur ces entrefaites, je revins dans le pays; je sortais du collège et je rapportais avec moi de l’université une petite réputation de talent et de science.
Mais j'entraîne trop vite mon lecteur. Mon capital est mince et exige de l’économie. Or, je pense en avoir écrit assez long pour ce chapitre, — et, en style de sermon, je vais vous laisser méditer sur ce (pie j’ai dit, et renvoyer la suite à une autre occasion.
CIIAPITHE IV.