Iliade, liv. H. [Note de l’Éditeur
IDYLLES
Une nuit de poussière; et les chars meurtriers;
Et les héros armés, brillant dans les campagnes Comme un vaste incendie aux cimes des montagnes; Les coursiers hérissant leur crinière à longs flots, Et d’une voix humaine excitant les héros;
De là, portant ses pas dans les paisibles villes.
Les lois, les orateurs, les récoltes fertiles;
Mais bientôt de soldats les remparts entourés ,
Les victimes tombant dans les parvis sacrés.
Et les assauts, mortels aux épouses plaintives.
Et les mères en deuil, et les filles captives;
Puis aussi les moissons joyeuses, les troupeaux Bêlans ou mugissans, les rustiques pipeaux.
Les chansons, les festins, les vendanges bruyantes. Et la flûte et la lyre, et les notes dansantes;
Puis, déchaînant les vents à soulever les mers,
Il perdait les nochers dans les gouffres amers;
De là, dans le sein frais d’une roche azurée.
En foule il appelait les filles de Nérée,
Qui bientôt, à des cris s’élevant sur les eaux,
Aux rivages troyens parcouraient des vaisseaux ' ;
Puis il ouvrait du Styx la rive criminelle;
Et puis les demi-dieux et les champs d’ Asphodèle * ; Et la foule des morts : vieillards seuls et souffrans ; Jeunes gens emportés aux yeux de leurs parens;
I. Iliade , liv. XVIII. {Note île l’Éditeur.) a. Odyssée , liv. XI. (/rf.l
IDYLLES
Eiifaus dont au berceau la vie est terminée;
Vierges dont le trépas suspendit l’hyménée.
Mais ô bois, ô ruisseaux, ô monts, ô durs cailloux. Quels doux frémissemens vous agitèrent tous , Quand bientôt à Lemnos, sur l’enclume divine.
Il forgeait cette trame irrésistible et fine Autant que d’Arachné les pièges inconnus.
Et dans ce fer mobile emprisonnait Vénus '!
Et quand il revêtit d’une pierre soudaine La fière Niobé , cette mère thébaine * !
Et quand il répétait en accens de douleurs De la triste Aëdon l’imprudence et les pleurs ' , Qui, d’un fils méconnu marâtre involontaire,
Vola, doux rossignol, sous le bois solitaire ! Ensuite, avec le vin, il versait aux héros Le puissant Népeuthès , oubli de tous les maux ;
Il cueillait le Moly, fleur qui rend l’homme sage Du paisible Lotos il mêlait le breuvage ® :
Les mortels oubliaient, par ce philtre charmés.
Et la douce patrie et les parens aimés.
Enfin, l’Ossa, l’Olympe, et les bois du Pénée,