ARCAS ET PALÉMON
Tu poursuis Damalis; mais cette blonde tête Pour le joug de Vénus n’est point encore prête : C’est un enfant encore. Elle fuit tes liens ;
Et ses yeux innocens n’entendent pas les tiens.
Ta génisse naissante au sein du pâturage Ne cherche aux bords des eaux que le saule et l’ombrage; Sans répondre à la voix des époux mugissans ,
Elle se mêle aux jeux de ses hères naissaiis.
Le fruit encore vert, la vigne encore acide,
Tentent de ton palais l’inquiétude avide :
Va, l’Automne bientôt, succédant à des fleurs. Saura mûrir pour toi leurs mielleuses liqueurs.
Tu la verras bientôt, lascive et caressante.
Tourner vers les baisers sa tête languissante.
Attends : le jeune épi n’est point couronné d’or; liC sang du doux mûrier ne jaillit point encor ;
La fleur n’a point percé sa tunique sauvage;
IjC jeune oiseau n’a point encore de plumage.
Qui prévient le moment l’empêche d’arriver.
IDYLLES