‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historique, par m. H. de Latouche; revues, corrigées, et mises en ordreChapitre 95 sur 119 · ODE HT · texte numérisé non relu

ODE HT

BTSiLNCE, mon berceau! jamais tes janissaires Du Musulman paisible ont-ils forcé le seuil ? Vont-ils jusqu’en son lit, nocturnes émissaires. Porter l’épouvante et le deuil?

Son harem ne connaît, invisible retraite.

Le choix, ni les projets, ni le nom des Visirs;

Là , sûr du lendemain , il repose sa tête ,

Sans craindre au sein de ses plaisirs.

Que cent nouvelles lois, qu’une puit a fait naître Déjugés assassins un tribunal pervers.

Lancent sur son réveil , avec le nom de traître ,

La mort, la ruine, ou les fers.

Tes mœurs et ton Coran sur ton Sultan farouche Veillent, le glaive nu, s’il croyait tout pouvoir; S’il osait tout braver, et dérober sa bouche Au frein de l’antique devoir.

Voilà donc une digue où la Toute-puissance Voit briser le torrent de ses vastes progrès! Liberté, qui nous fuis, tu ne fuis point Bysance! Tu planes sur ses minarets!

ODES

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