‹ OEuvres posthumes de Madame la Baronne de Staël-Holstein. Précédées d'une notice sur son caractère et ses écritsChapitre 206 sur 312 · LA SUNAMITE, ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

LA SUNAMITE, ACTE I, SCENE III

phémer la plus touchante image de la bonté céleste.

SEMIDA.

Ma mère , ne me gâte pas , je t'en prie : un enfant doit être humble et modeste, et je crains de cesser de l'être , quand ta voix me fait entendre de si flatteuses paroles. Mais d'où vient que le saint prophète ne nous a pas visitées cette année? Tous les printemps, à cette époque, il vient passer quelques jours dans ta maison; tu m'as dit qu'il n'y avait jamais manqué depuis ma naissance,

LA SUNAMITE

Il arrivera peut-être aujourd'hui, ma fille; c'est le preuiier jour de la lune de Sivan qu'il a coutume de s'étabhr sur le mont Carmel, au pied duquel notre maison est bâtie.

SEMIDA.

Je voudrais qu'il ne vînt pas aujourd'hui ; il n'aime pas les fêtes, lui; il vit si solitaire; il prie Dieu avec tant d'ardeur! Son front austère, ses traits sillonnés par la vieillesse n'ont rien qui m'intimide ; je voudrais passer ma vie avec lui. Cet homme qui fait si peur aux méchants et que les bons abordent avec tant de respect, il daigne se faire entendre d'un enfant, et au fond de mon cœur je comprends tout ce qu'il dit.

LA SŒUK.

Semida, tu as bien raison d'aimer Elisée; mais je crains que cette année nous ne le voyions pas.

LA SUNAMITE

Ma sœur, rassure-toi ; sans doute il est près d'ici, car j'aperçois Guehazi, son disciple, qui dirige ses pas vers notre maison.

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