SAPHO, ACTE II, SCENE VII
CLÉONE
Une rivale ! non , Sapho ; je puis tout te sacrifier.
SAPHO
Ah! ne me prodiguez pas vos aimables soins. Hélas! c'est à lui seul, à lui seul que je voulais plaire. Faites seulement que l'on n'aperçoive pas le désordre de mon âme. Diotime, si mon esprit s'égare , approchez - vous de moi ; rappelez - moi de quelle honte je me couvrirais aux regards de la Grèce.
DIOTIME
Won , j'en suis sûre , tu rassembleras tes forces , et ta pensée seule régnera sur toi.
SAPHO
Écoute, Diotime, écoute; s'il arrivait pendant
mes chants, s'il arrivait Ah! ne retarde pas
mon bonheur ! interromps l'harmonie de ma lyre , interromps ces vaines paroles qui ne valent pas un seul de ses accents.
Sapho , Sapho , suspends donc un moment ces ûiquiétudes cruelles.
SAPHO
Diotime, tu me promets Ah! pourquoi le
demander? Mes yeux ne seront -ils pas toujours fixés sur cette mer qu'il doit traverser pour revenir ? je ne vois qu'elle.
DIOTIME
La marche s'avance.
SAPHO
Ces vagues, Diotime; ces vagues, elles ont aussi frappé les rochers de Sicile; ne les vois- tu pas se précipiter l'une sur l'autre, comme les années qui tombent dans l'éternité? Diotime, Diotime, une de ces vagues suffit pour qu'un malheureux cesse de souffrir.
DIOTIME
Reprends tes esprits , au nom des dieux.