‹ Œuvres posthumes de RulhièreChapitre 17 sur 70 · DISCUSSION. XLIX · texte numérisé non relu

DISCUSSION. XLIX

à Hiistoiire de la Pologne non encore démembrée ; et cet éclat même dont II les couvre par ses récits ▼éridiques, accroîtrait le déshonneur qa'ilsaoraient encoum depuis : vouloir qu'on dissimule la gloire qu'ils avaient acquise ^ sous prétexte qu'ils n'ont pas su la conserver , c'est n'être point assez sévère. Ce Gérait aussi l'être beaucoup trop que d'exiger dans leurs habitudes purement privées , dans le cours ordinaire de leur vie domestique , toute la dignité et toute l'énergie qui ont caractérisé leurs actions les plus solennelles. De grandes circonstances sontnéce^ires au développement des vertus éminentes; et, pour se montrer magnanime , il faut enfin que Toccasion s'en présente.

. Si je devais. Messieurs , discuter plus à fond les récits et les jugements de Rulhière , il me faudrait donc apprécier immédiatement les peuples et les personnages qu'il a bien ou mal caractérisés. Mais je ne pense pas que vous ayez lintention de prononcer , sur des nations aujourd'hui nos alliées, et sur des souverains qui vivaient encore en 1 796, des sentences si cathégoriques. En de telles matières, un historien , homme privé , use , à ses risques et périls, d'une liberté que les corps littéraires ont coutume de s'iqtèrdire. Rien donc ne saurait vous être plus indifférent à tous égards , qu'une discussion que je prétendrais ouvrir ici ou sur Stanislas- Auguste , dont les malheurs sollicitent toute l'indulgence dont il peut £|voir besoin , ou su r Catherine II qu'il £aiut placer au nombre dcfs grands souverains I.* d

L PiSCUSSION.

do dix-haitième siècle , mais qai a fini, dit M. Levesque, beaucoup de mal aux voisins de son «mpire , beaucoup de mal à ses sujets ^ et sur laquelle on prononcera des jugements contraires , poursuit le même historien , suivant que Pon considérera ses vertus ou ses vices, ses talenis ou ses fai^ blesses ^ ses belles actions ou ses fautes^ pour ne pas dire ses crimes. De célèbres écrivains firan'çais du dernier siècle ont fort exalté cette princesse; ik ont même applaudi à ses entreprises sur la Pologne; ils la regardaient comme la protectrice de certains Po* lonais qu'on privait d'une partie de leurs droits en leur appliquant d'une manière exclusive la qualification de dissidents qui , jadis commune à tous les citoyens de cette république, n'avait exprimé que la diverâté générale des croyances reUgiettsesi II est ceirtidn que Voltaire et d'autres philosophes ont manifesté , sur les troubles de la Pologne , des opi* nioqs qui ne sont pas celles de Rulhière : mais il faut dire aussi que , lorsqu'en 1772 et 1774 ils ont vu trois parties de ce royaume envahies par ses protecteurs , et dans la quatrième lés dis^dents exclus du conseil suprême de Tadminislration publique , ces j^ilosophes n'ont pas célébré ce dénouement avec un enthousiasme égal à celui que les préparattfe' leur avaient ihspiré. Le cabinet de Versailles suivait , durant ces troubles, un système fbrt peu coèfemie aux idées des écrivains dont je viens de parler. Je n'ai pas non plus à prononcer entre ces àexoi syst^xi^ ; mais le jury pense que Rulhière ,

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