DISCUSSION. LXV
tenir l'injostice faitie. aux dissidents par des lois
nouvelles et supérstitieusies/et pour empêcher de \
remédier atis" aàus transformés en priçiléges des
grandes charges , comme aussi pour conserver à
chacun- le pouvoir de dissoudre les diètes, le roi
Stanislas-Auguste se fût mis à la tête de la confia-
dëration de Barr et de toutes celles dont elle a été
le noyau. Mais, d'une part , aucune des demandes
de ces confédérations , excepté celle de la retraite
des Russes , n'avait rien de plausible. Elles étaient
évidemmentdéraisonnables : elles ne tendaient qu'à
perpétuer Tanarchie. Et , d'un alitre côté , le roi
ne pouvait ignorer que le fanatisme invoqué contre
les dis^ents , et que le zèle pour l'intérêt des
premières charges étaient des prétextes' , n'avaient
d'autre but que celui dé soulever contre lui la
grande et la petite noblesse , et colorer le dessein de
lui arracher la couronne : on ne 'peut exiger qu'un
roi consente avec plaisir à ces sortes de choses.
Stanislas-Auguste savait ( comme M. de Ruihîère qui le rapporte ) que même avant sou élection , l'évêque de Cracovie , Soltik , avait écrit : Tenonsle pour, élu , et: ne songeons qu'à le détrôner. Il savait , comme. M. de Ruihièrequren parle ( tome' II , page 327 et tome III page 89 ) , que Zakrewski et Tressemberg ; avec d'autres conjurés , avaient propoisé de le massacrer en pleine, diète , et de massacrer avec lui les . y ingt-*huit sénateurs qui partageaient ses opinions. — Pouvait-il songer à se livrer à de tels furieux ?
liXVI WSCIFSSION.
Qoekiues confédérée , et notaminent ceux qui deniandèreql à Rousseau , à Mably, à Le Merckr de la Rivière , de leur fyhe des projets de constitotiop (1)9 étaient des hommes fort estimables. La plupart des autres ne furent que des factieux sans principes et sans lumiètes. Plusiews ne voyaient , dans les troubles de leur patrie , que le plaisir de satisfaire des haines privées , et ràvantage de lever , sabre' à la main , de$ contributions sur les citoyens paisibles.
Stanislas-Auguste ne voulait point que les Russes gouvernassent son pays. M. de Rulhière est obligé dé convenir qii'îl leur a résisté plusieurs fois ; qull ^eur a refusé le cpocoiirs decequ'il avait de troupes; qu'il a demandé avec force leur retraite , lors même qulls étaient victG^eux des Turcs (tomelll, page 273); qu^il leur, déclara sa résolution de perdre le trône et la vie plutôt que de consentir au rétablissement du Uberum vêla. « En effet ( dit M. de i> Rulhière , pour diminuer le mérite de cette V déclaration ) , dans la coi stitufion qu'il voulait ^ faire prévaloir 1 la pluralité des sufirages , établie » pour toujours , l'aurait rendu véritablement I» soi|verain. » Sans doute il l-àurait été , ou , pour
(i) Une singularité die ces projets. de constitution demAndés par le comte Vielhorski , et d'antres Polonais à nos philosophes de France , est que celui de Jean-Jacques fut très-monarchique , •t celui de Le Mercier de la Kitière très -républicain. Tons deux craignaient qa'on ne lea ac«v«ât d'abondtr dans It sflnt de leurs autres onyrages.