‹ Œuvres posthumes de RulhièreChapitre 28 sur 70 · DISCUSSION. LXXV · texte numérisé non relu

DISCUSSION. LXXV

de rencouragenfent secret , et de la tolérance ouverte , d'en dévorer le reventi et de li'eù laisser rien ou pres4}iie rien arriver ÈktxiL établissements que le conseil et le roi avaient désiré que l'on formât; et cd hommes protégés remplirent Isirgement kurmiâsion^ — Stanislas-Âugùste aimait et cultivait les scienceis^ les lettres, lés arts; il avait vu dans le conseil de l'instruction jmblique la régénération de so«i p^ays^ Il fut vivement afBigé , et jusqu'à répandre éks larmes; mais il n'eut pad le pouvoir d'empêcher , où de réparer ce malheur.

Entre trois grandes ptrissances usurpatrices dont il était entouré f il n'avait d'autre moyen de recouvrer l'indépendance de sa couronne, qu^une alliance avec Tune d'entre elles , qui pût Taider à tenir tête aux deux autres. Et l'on doit remarquer qu'à cet égard le patriotisme l'emporta sur la reeonnaissifnce; car il ne s'adressa pas pour cette al- Banee iïltime k la Russie. Il crut que l'amitié personnetfé de l'inàpératrice Catherine émpéclierait cette prince^e dé s^opposer à ce qu'il poutraîf tenter pour annéUorer le sort de la Pologne. H se troltnpa ; mais cette confkuiccf fart hoiïneur à la mfôriâlité de soft caraclère.

L^'Antriiche eàt été suspecte à la Htis^ié , quoique celle-ci eut donné son agrémeiit , dtt tfïoins eltérieur, à la proposition indirecte , et qui lie réussît pas, dd niariàge du roi de Pologne avéc u^ sirchiduchesse.

PoniatowskL, dont la pensée perpétuelle était

rîndépendance de son pays et une constîtation raî^ sonnable pour sa natîon, se retourna vers la Prusse que Farinée du grand Frédéric faisait regarder comme une puissance du premier ordre , et qui avait avec la Pologne plusieurs intérêts communs. Il en fut très*favorablement accueilli; il en reçut les promesses les plus positives et les plus sacrées. Il fil avec elle un traité d'alliance défensive.

Il se rapprocha en même temps de Jai maison de Saxe , en lui proposant de rendre la couronne de Pologne héréditaire en faveur des enfants de la princesse saxonne qui épouserait un Polonais désigné comme successeur du roi régnant. Il n'était pas. même éloigné de céder, en ce cas , et si cela était absolument nécessaire, le trône à son neveu.

Il songea aussi à s'appuyer de la France , où il envoya, en qualité de ministre plénipotentiaire le comte Orazet^sii. Il voulait s'assurer que du moins elle ne s'opposerait point à ses projets , en troublant et agitant son pays con^me elle l'avait fait an commencement de son i^ègne. Ses communications furent bien reçues. Le roi Louis XVI et M. le comte de Montmorin lui donnèrent le conseil ami^ cal de s'entendre avec la Russie. Il le fit , et crut l'avoir fait utilement La Russie n'était pas avec lui de meilleure foi que la Prusse.

Ce fut après ces préparatifs généreux et sensés que^ d'accord avec tous les gens d'esprit et tous les meilleurs citoyens de la Pologne , il tenta d'établir y il crut avoir établi , il fit déclarer par sa diète une

tonsiitùtion qui améliorait le sort des paysans et préparait pour la suite leur affranchissement graduel , qui donnait une existence honorable à la bourgeoisie , qui ne mécontentait pas la noblesse et qui devait i^enrichir. Les applaudissements furent unanimes et l'enthousiasme général. Il s^imaginait, et ce n'était pas sans quelque apparence de raison , avoir sauvé, avoir pour ainsi dire créé de nouveau sa patrie.

Il écrivit à un membre de cette académie , qui l'était alors de rassemblée constituante : ce Je suis » plus heureux qu<e vous : j'ai commencé plus tard » et fini plus tât une révolution et une constitution » qui n'ont pas coûté une goutte de sang , qui n'ont M pas fait verser une larme. »

Mais la France , elle--méme déchirée , quoique n'ayant alors aucune animosité contre lui , et le regardant même avec bienveillance , ne pouvait l'aider ni dé conseils , ni d'hommes , ni d'argent , ni d'aucune influence politique. La maison de Saxe n'osa pas accepter le trâne qu'on offrait à sa fille atnée. Frédéric-Guillaume le trahit indignenfient, L'armée prussienne , qui devait venir à son secours , marcha contre lui. Le partage du reste de la Pologne fut décidé entre ses trois voisins.

Poniatow^i , abandonné et désole, ne se rendit pas tout de suite. U forma une armée et même deux. Il en donna le commandement principal à son neveu, le prince Joseph. Cette armée trop faible, sur-tout en artillerie , et dans un pays de plaines

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