‹ Œuvres posthumes de RulhièreChapitre 3 sur 70 · SUR LK VIE DE RULHIERE. XV · texte numérisé non relu

SUR LK VIE DE RULHIERE. XV

traction , éprouve des tourments dont oU doit lui «avoir quelque gré. Il se condalnne au malheur de déplaire à une partie de ceux qui Tentendeiit , et à n'étte ni etiteûdu ni compris par ceux qu'il voudrait servir. C'est vainement que quelques botumes ail delà de leur siècle , tmtèrent de Taffranchir de la tutelle des préjugés , leurs efforts furent presquià par--tout vaitis ^ et souvent malheureux. Gë cblossé M jouait du pouvoir des rois ; sa tête superbe s'éle^ vait dans les cîeux ^ ses pieds de plomb pesaient sur tolis les trônes , et ses bras immenses s'étendaient sur tous lés points de la France.

Quoique tes principes de la réformation ne s'y (ussMI introduits qu*au liiilieu des malheui's les plus déplorables , dés stênes Vêi pltlà sanglantes et les plus Éttôtéê , tOQs lès résultats dé cette l'évolution n'avâièilt point été fiiUésteâ à rhuôlànitë ; des calatnités tertiblés , méië fià^sâgèfres, avaient fortifié les

âmes , leur avaient prêté de nouveaux ressorts , et avaient préparé pour l'avenir une aboUdàtitè tboisson de gloire èf àê bobheUr. Proserits de leur terre natale , les religiofliiàiî^ français avaient porté sur d'iNitres points de l'Europe leur industrie ^ leur activité ^ leurs lumièfres^ Ik s'étaient réfugia en HoHaUdé , et les vainqueurs dé PhiHppe B avaient eu des manufactures, des arts; et l'éloquence de Sàùrin avait ranimé le courage des Bataves contre Un dominateur superbe , qui Voulait faire peser son despotisme sur l'Europe entière. Ils s'é* laient retirés dans la Grande-Bretagne , et avaient

XVI NOTICE mSTORlQBE

fait plus pour la prospérité de cette ile que la politique d^Elbabeth et que le génie de Cromwel ; ils avaient été se cacher dans les déserts de la Poméranie ; et des landes incultes , et des villages dépeuplés avaient bientôt offert l'image de rabrmdance que le travail fait naître , et des vertus qui accompagnent les hommes laborieux. La conformité et doctrine les avait appelés sur 1^ montagnes helvétiques ; et un peuple pasteur , agricole , avait reçu des compagnons qu'il s'était associés , de nouvelles ressources , de nouveaux moyens de puissance. Le zèle prévoyant de Coligny leur avait préparé des retraites au delà des mers ; et divers points du Nouveau-Monde avaient été le théâtre de leur cou* rage , de leur patience , et m^e de leur héroïque valeur. Ils avaient inspiré à la plupart des nations de l'Europe le goût de notre langue , le charme de nos arts , la délicatesse de nos plaisirs intellectuels ; et par des résultats singuliers, les désastres de la France avaient encore contribué à sa gloire. Le philosophe qui embrasse dans sa vaste pensée ks intérêts du monde, se console des maux d'un pays, quand il voit qu'il en doit résulter d'immenses avantages pour l'espèce humaine ; mais le citoyen qui ne contemple que sa terre natale, a droit de s'affliger.

Si Henri IV eût montré autant de fermeté , de caractère , que de valeur et de talents , s'il n'eût point acheté par son abjuration l'inconstante amitié du pontife romain , la France pouvait prendre une

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